26.11.2008
Deux PS, par Eric Fottorino
Editorial
LE MONDE | 26.11.08 | 13h33 • Mis à jour le 26.11.08 | 13h33
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Au terme de graves déchirements, les socialistes ont donc adoubé Martine Aubry. Ainsi s'achève une véritable épreuve que se sont imposée les chefs du PS. Celle-ci a terrifié tous ceux qui, militants ou sympathisants, attendaient de la gauche un vrai sursaut plutôt qu'une implosion de haines.
Sans doute y a-t-il quelques motifs sérieux à se réjouir de la victoire, même courte, de Martine Aubry. D'abord parce qu'elle est une femme d'expérience, dotée d'une forte personnalité, intelligente et travailleuse, qui ne confond pas sa main droite avec sa main gauche, ce qui a son importance dans un univers politique aux contours rendus plus incertains et poreux par la geste sarkozyenne.
Ensuite parce que Martine Aubry a paru entendre l'aspiration à la rénovation des militants, portée surtout par les royalistes. A elle de démontrer que ses paroles inaugurales de première secrétaire sur la parité et un mode nouveau de direction du PS ne sont pas de circonstance. Enfin, jamais une femme n'avait dirigé l'appareil. Il est heureux que cela change.
Pour autant, l'élection de Martine Aubry n'empêche pas désormais l'existence de deux PS. S'il est sain que deux lignes antagonistes puissent cohabiter, il faudra bien, le moment venu, choisir. En se donnant une première secrétaire, le PS ne s'est pas forcément donné une présidentiable. Et la clarification dépendra de la capacité de Martine Aubry à s'affranchir de ses soutiens hétéroclites aux ambitions contrariées mais toujours vivaces, de Laurent Fabius à DSK en passant par Bertrand Delanoë et François Hollande.
Que la coexistence de deux lignes opposées force la gauche à s'expliquer avec elle-même - et auprès des Français : voilà qui serait la meilleure nouvelle de cette élection. Mais la gauche, prompte à l'autodestruction, veut-elle redéfinir en profondeur les bases d'une social-démocratie moderne ? Et si oui, le pourra-t-elle sans se diviser à la première défaite venue ? La responsabilité de Martine Aubry et de Ségolène Royal sera de faire de leur opposition une chance plutôt qu'une plaie.
Eric Fottorino
Article paru dans l'édition du 27.11.08.
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25.11.2008
« Le Parti socialiste est de retour »
Le 25 novembre 2008
Pour son premier discours comme première des militantes, la maire de Lille a fixé une feuille de route collective : rassemblement et renouvellement profond, dans une ligne politique clairement ancrée à gauche. Voici l’intégralité de son discours.

Chers camarades, j’ai d’abord un seul mot à vous dire : merci.
Le second va immédiatement à Ségolène pour lui dire : on va, ensemble, gagner pour les Français, j’en suis convaincue.
C’est bien sûr avec à la fois beaucoup d’émotion et de gravité que je reçois la responsabilité que vous me confiez aujourd’hui en pensant d’abord aux femmes. Aux femmes qui se sont battues avant nous pour qu’existe une parité en politique : après que Ségolène ait été la première femme en France candidate à la présidence de la République, je suis fière au nom de toutes les femmes qui se sont battues d’être la première femme Première secrétaire du Parti socialiste.
Je voudrais dire aussi que je sens une responsabilité lourde, mais cette responsabilité lourde, je ne peux l’accepter que parce que vous êtes là vous les quelque 200 000 militants du Parti socialiste. Cette responsabilité de premier secrétaire a été tenue par des hommes et des femmes éminents, François Mitterrand, Pierre Mauroy -que chacun comprendra que je salue particulièrement-, Lionel Jospin, Michel Rocard, Laurent Fabius, que je salue, Henri Emmanuelli aussi et bien sûr toi, François, à qui je pense tout particulièrement ce soir.
Je voudrais d’abord m’adresser aux militants. Aux militants parce que, dans ce congrès, jour après jour, soir après soir j’en ai rencontrés beaucoup, et que tous se sont battus pour ce qu’ils croient profondément, pour les valeurs du socialisme, pour la conviction qu’ils ont que ce qu’ils proposaient étaient les bonnes réponses pour les Français. Je crois que nous avons su débattre et discuter à la hauteur de ce qu’est notre parti, un immense parti démocratique. Alors, on peut rire, on peut se moquer de nos débats, de nos discussions mais j’ai envie de dire à la droite : riez encore quelques jours car dès la semaine prochaine le Parti socialiste est de retour dans les rues, et avec des propositions. Et uni.
Je voudrais dire à tous les militants : bravo pour ce travail. Je voudrais dire à Ségolène et à ses amis -dont je comprends aujourd’hui la réaction tout à fait naturelle - que nous avons tous défendu ce que nous croyons juste.
Je crois que si nous voulons changer ce parti, il faut d’abord que nous acceptions cela. Accepter que, dans un grand parti démocratique, nous puissions penser différemment en nous respectant et j’irai même plus loin, penser différemment en nous faisant confiance, en pensant que, en chacun d’entre nous, il n’y a qu’un seul souci, servir les Français et pour servir les Français, servir le Parti socialiste.
Si nous arrivons dans les jours, dans les mois qui viennent, à donner des signes concrets que cette unité du parti et de l’ensemble des militants est possible, ce congrès de Reims restera comme un congrès qui aura permis à notre parti, de changer profondément à un moment où le monde a changé et où les militants nous ont demandé de changer profondément et de nous renouveler.
Voilà un peu l’état d’esprit qui est le mien.
Les conditions dans lesquelles le vote a eu lieu et les résultats extrêmement serrés qui en découlent ne me donnent que des devoirs. Le premier devoir qui est le mien, c’est, si elle l’accepte, de rencontrer Ségolène. J’ai entendu, comme elle, ce que nous ont dit les militants à Reims et derrière les militants ce que nous ont dit les Français : « nous voulons retrouver la politique et la gauche, nous voulons un Parti socialiste qui nous défende alors que nous n’avons même plus le courage de nous battre car on a l’impression que nos voix ne sont plus entendues par les pouvoirs en place ».
Oui, nous allons revenir avec les valeurs qui sont les nôtres, mais aussi avec les réponses d’aujourd’hui, ce qui nécessite beaucoup de travail. Puis, ils nous ont dit : « il faut renouveler profondément le Parti socialiste, ses pratiques, son fonctionnement ». Les voix qui se sont portées sur Ségolène comme d’ailleurs sur Benoît Hamon sont aussi des voix qui nous ont dit profondément que certains portaient plus que d’autres le renouvellement.
J’ai intégré cela depuis le premier vote des militants.
Notre prochain Conseil national sera sans doute fixé au samedi 6 décembre. Une ligne politique a été arrêtée avec une majorité lors du congrès, mais que, au-delà de cette ligne politique, ancrée à gauche, qui nous impose d’être sur tous les terrains pour défendre les Français, pour défendre les Français qui sont inquiets devant les licenciements qui arrivent, pour défendre les Français qui perdent en pouvoir d’achat, pour défendre les services publics qui sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, pour être capable dès le week-end prochain d’être auprès de nos camarades des partis socialistes et socio démocrates européens pour changer l’Europe pour un autre monde, d’être capable effectivement d’être sur ce terrain-là et d’y travailler dans une ligne politique ancrée à gauche, il faudra aussi profondément nous renouveler.
Il faut véritablement que, dans les équipes que nous allons constituer, il y ait des changements profonds, il faut renverser la table : bien sûr de nouveaux visages, des hommes et des femmes de tous les territoires et de toutes les cultures aux couleurs de la France, une parité absolue dans toutes nos instances ; mais aussi il nous faut aussi renouveler nos attitudes, nos comportements, nous rouvrir sur la société, nous rouvrir vers des hommes et des femmes qui ont envie de construire un projet de gauche face à cette loi du plus fort que nous impose le libéralisme, face à cette puissance du financier par rapport à l’économie, face à ces inégalités qui s’accroissent dans notre pays et dans le monde.
Il faut faire appel à eux, il faut le dire, le Parti socialiste est à nouveau ouvert pour travailler avec vous, pour évidemment un projet porté aux Français, mais aussi porté aux Européens pour un autre monde.
Mon devoir dans les heures qui viennent, c’est de faire en sorte que, sur une ligne qui est celle que les militants ont choisi au congrès, nous soyons capables d’être unis dans un mode de fonctionnement que je vous proposerai, où les élus trouveront toute leur place. Car rien n’est plus étonnant aujourd’hui de voir combien les Français nous font confiance, là où nous sommes et parfois même nous plébiscitent dans nos villes, dans nos départements et dans nos régions et de dire que nous n’utilisons pas cette force extraordinaire des élus et des militants pour construire le projet de demain et là aussi il nous faudra changer nos pratiques.
Nous avons par ailleurs des députés et des sénateurs qui se battent sur le front contre les lois de Sarkozy et même contre les amendements qui arrivent nuitamment pour pousser la retraite à 70 ans.
Ces coups-là, nous devons les préparer, il faut que nos parlementaires soient au sein du Parti, il faut que nous débattions avec les présidents des 2 groupes parlementaires, il faut que nous soyons unis pour combattre la droite, mais aussi pour contre-proposer car c’est aussi cela qu’attendent les Français.
Tous les jours on nous annonce un cadeau fiscal pour les plus riches, tous les jours nous apprenons un recul dans le domaine social, que ce soit à la Poste, dans l’audiovisuel, la retraite à 70 ans, le développement du contrat à durée déterminée… Dans nos collectivités locales nous avons à nous battre contre la restriction des crédits et surtout pour accompagner tous ceux qui vivent actuellement des licenciements ou qui vont en vivre.
Nous avons donc le devoir d’être ensemble par rapport à cette situation et de nous mettre au travail pour que, dans deux ans, nous soyons capables d’avoir le projet qui permettra à celui ou à celle qui alors sera choisi de représenter nos couleurs.
Je veux une équipe unie où toutes les sensibilités se sentent bien. L’équipe unie ne veut pas dire que l’on oublie ses fidélités, je ne demande à chacun non pas d’oublier ce qu’il est, ce à quoi il croit, la personne à laquelle il est attaché et c’est cela aussi la politique des liens d’affection, de fidélité qui se nouent, je demande à chacun de dire d’abord : nous sommes tous socialistes nous voulons porter en avant notre parti pour que les Français à nouveau aient l’espoir.
Nous avons une feuille de route collective, dès demain, à mettre en place : rassemblement, renouvellement profond, et travail.
Nous allons le faire ensemble pour incarner à nouveau l’espoir. Nous devons être à la hauteur. Je sais qu’il faudra beaucoup de courage et de ténacité mais je sais que chacun d’entre vous pensez actuellement aux militants et aux Français qui voient ce qui se passe depuis quelques jours dans notre parti et se lamentent.
C’est en pensant à eux et en pensant à tous les militants que je dis: rassemblons-nous, unissons-nous autour d’une ligne de gauche, celle que nous avons voulue lors de notre congrès, mais aussi autour d’un profond renouvellement qui fera que le Parti socialiste, si j’osais, s’appelle le nouveau Parti socialiste ; en tout cas qu’il garde l’essentiel, les valeurs de solidarité, d’égalité et de fraternité qu’il a toujours défendues.
Publié dans http://actus.parti-socialiste.fr/2008/11/25/%c2%ab-le-parti-socialiste-est-de-retour-%c2%bb/
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MINUTE PAR MINUTE - PS : victoire d'Aubry, le camp Royal veut un nouveau vote
Par Charlotte Chaffanjon (avec agence)
Martine Aubry succède à François Hollande à la tête du Parti socialiste après une journée riche en rebondissements. lepoint.fr vous propose de vivre minute par minute les événements de mardi.
18h57. Nouveau scrutin. David Assouline et Vincent Peillon, des proches de Ségolène Royal, réclament une nouvelle fois un nouveau scrutin après la proclamation de la victoire de Martine Aubry.
18 h 30. EN DIRECT DU PS. 102 voix d'avance pour Martine Aubry. François Hollande ouvre le conseil national du PS qui doit "proclamer le résultat d'un vote sur la base du récolement des suffrages (du second tour contesté de l'élection du premier secrétaire du PS) remontés des fédérations". "C'est la dernière, mais vraiment la dernière fois, que je m'adresse à une instance du PS, en l'occurrence le Parlement, en tant que premier secrétaire", lance le patron sortant, usé, qui fait donc sa sortie en pleine guerre des tranchées entre les camps de Martine Aubry et de Ségolène Royal. "Il n'y a pas un bloc contre un bloc, il n'y a pas deux partis socialistes, il y a un parti qui veut vivre ensemble", affirme-t-il. "Ce résultat ne pourra évidemment pas satisfaire tout le monde", consent le président de la commission de récolement Daniel Vaillant, qui passe la parole au secrétaire national aux fédérations Kader Arif, chargé de la lourde tâche d'annoncer les conclusions de la commission de récolement : "Pour Martine Aubry : 67.451 voix, pour Ségolène Royal 67.349 voix", soit 102 voix d'avance pour Martine Aubry
18 h 25 . EN DIRECT DU PS . Contestation. Manuels Valls fait savoir que les ségolénistes voteront contre le rapport de la commission de récolement, qui attribue 102 voix d'avance à Martine Aubry face à Ségolène Royal.
18 h 20. Hollande. François Hollande, le président sortant, s'exprime actuellement devant la presse.
18 heures. Martine Aubry en tête. De l'aveu même de l'entourage de Ségolène Royal, la commission chargée de statuer sur les litiges concernant l'élection au poste de premier secrétaire du Parti socialiste devrait conclure à la victoire de Martine Aubry avec 102 voix d'avance sur Ségolène Royal. L'information a été confirmée par le camp Aubry.
16 h 50. Revoter. L'ancien ministre de la Justice socialiste Robert Badinter propose de "revoter" pour le poste de chef du parti uniquement là où il y a litige, et d'instituer une "commission de sages". "J'ai rappelé au groupe que c'était une matière de contentieux électoral, qu'il fallait que les choses soient aussi claires que possible selon les principes d'une jurisprudence du conseil d'État et du conseil constitutionnel en matière de contentieux d'élection."
16 h 20. EN DIRECT DU PS. Patrick Menucci, Julien Dray, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, François Hollande : le ballet des arrivées se poursuit à La Mutualité. "J'ai toujours été un premier secrétaire qui rassemblait, qui faisait des synthèses et je dis à mon sucesseur d'avoir la même démarche, le même objectif", déclare François Hollande. "Le futur premier secrétaire n'aura pas de légitimité sans nouveau vote, que ce soit Royal ou Aubry, et même avec dix points d'avance", martèle Jean-Louis Bianco, ségoléniste convaincu.
15 h 57. Intelligence politique collective. Le président du groupe PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, lance mardi, lors de la réunion de son groupe, un appel "à la sérénité, au dialogue et à l'intelligence politique collective afin de surmonter la crise que traverse le Parti socialiste". "Face à la crise sans précédent que traverse le monde, au moment où de très nombreux Français subissent le contrecoup de la politique gouvernementale et souffrent dans leur vie quotidienne, le Parti socialiste doit vite passer à l'étape suivante : s'adresser aux Français, les écouter et répondre à leurs préoccupations (...) Pour ce faire, les socialistes doivent être rassemblés et combatifs."
15 h 50. EN DIRECT DU PS. "Il ne suffit pas de dire qu'il y a fraude". Devant la salle de la Mutualité, à Paris, le bras droit de Martine Aubry, François Lamy affiche "sa sérénitude", alors que la commission de récolement, sorte de "tribunal administratif" interne, achève de passer au crible les contentieux du second tour que dénonce l'équipe de Ségolène Royal. "C'est l'élection interne la mieux organisée que nous ayons faite", ose même Lamy, avouant néanmoins "qu'il y a eu certainement quelques difficultés", mais qui ne valent pas "qu'on entache l'ensemble du scrutin". Interrogé sur la demande officielle d'annulation du vote déposée ce matin par les proches de Ségolène Royal, Lamy balaye : "Il y a des gens qui, depuis quatre jours, crient à la fraude sans le moindre élément de preuve. S'ils ont des preuves, ils vont les montrer, mais il ne suffit pas de dire qu'il y a fraude pour qu'il y ait fraude." En outre, le député de l'Essonne affirme que, "quoi qu'il arrive", les aubryistes voteront le rapport de la commission de récolement. "C'est respecter le parti, notre outil commun."
15 h 15. EN DIRECT DU PS. Martine Aubry. Après être allée soutenir avec Benoît Hamon les salariés de France Télévisions qui manifestent près la tour Eiffel, Martine Aubry arrive à La Mutualité accompagnée de son bras droit François Lamy, sans faire la moindre déclaration.
14 h 15. EN DIRECT DU PS. Reprise des travaux. La commission de récolement, chargée de vérifier les procès-verbaux des fédérations pour l'élection du premier secrétaire du PS, reprennent à la Mutualité (5e arrondissement de Paris). Un changement de dernière minute, puisque ces travaux devaient normalement se dérouler au siège du Parti socialiste, rue de Solférino (7e arrondissement de Paris).
14 heures. EN DIRECT DU PS. La colère d'un militant. Devant le siège du PS rue de Solferino, un militant parisien exprime sa rage d'assister, impuissant, à la furieuse bataille que se livrent les dirigeants socialistes. "Le parti doit trouver une autre voie, à gauche et non pas vers la droite. Benoît Hamon doit être premier secrétaire du PS", lance-t-il au point.fr.
13 h 56. Détente. "À quelques heures de la validation des résultats tels qu'ils auront été constatés par la commission de notre parti, je souhaite très solennellement dire que quel que soit ce résultat, je l'accepterai", assure Martine Aubry dans une brève déclaration écrite. "Dans tous les cas, je travaillerai au rassemblement de tous les socialistes, quelle que soit leur sensibilité", conclut-elle.
13 h 33. "Bobard médiatique". Le fabiusien Claude Bartolone, soutien de Martine Aubry, accuse mardi le bras droit de Ségolène Royal, Vincent Peillon, de "faire de l'intox" en annonçant qu'il n'y a "plus que quatre voix" d'écart entre les deux candidates à la direction du PS. "Je crois qu'il se trompe, j'en suis sûr", et "je préfère penser que ce n'est qu'une erreur de sa part", déclare-t-il sur France Info. Selon lui, dire, comme M. Peillon, qu'il y a suspicion sur plusieurs centaines ou milliers de voix "relève du bobard médiatique". "Il faut qu'on sorte de ce mauvais feuilleton et que tout le monde retrouve son calme."
13 h 29. EN DIRECT DU PS. "Royal ira au bout". Malek Boutih, secrétaire national du Parti socialiste, proche de François Hollande, déclare au point.fr que les cadres du Parti socialiste "se trompent". "Ils n'avaient pas imaginé une seule seconde la force que Ségolène Royal a auprès des militants." Pour l'ancien président de SOS racisme, cela ne fait aucune doute : "Il y a eu de la triche (...) J'ai vu comment la situation s'est retournée pendant la nuit." Malek Boutih, qui était resté en retrait pendant toute la campagne pour la succession de François Hollande, assure que "la décision qui sera prise tout à l'heure [par le Conseil national, ndlr] n'aura pas de valeur. La justice parlera." Le secrétaire national en est convaincu : "Ségolène Royal ira jusqu'au bout." Entendez "justice".
13 heures. A vendre sur Internet. Les déboires du Parti socialiste ont poussé un internaute à le mettre en vente sur eBay, la plus célèbre des plates-formes d'enchères en ligne ( lire notre article ). Depuis la mise en vente du PS, le 16 novembre, au prix de départ d'un euro, les chiffres se sont envolés, passant de 102 euros ce matin à dix millions d'euros. L'enchère prendra fin mercredi soir à 23 h 18.
12 h 40. Politique de la terre brûlée. Le député Jean-Christophe Cambadélis, soutien de Martine Aubry, dénonce une "politique de la terre brûlée" des partisans de Ségolène Royal. "Ils ne peuvent appeler les militants à se jeter les uns contre les autres dans la rue" ni "s'en remettre à la justice pour désigner la première secrétaire". "Ils ne peuvent laisser croire qu'il y a eu de la triche parce que, dans cette ultime consultation, Ségolène Royal a perdu", insiste-t-il.
12 h 20. Annuler le scrutin ? Les représentants de Ségolène Royal à la commission chargée de vérifier les votes militants socialistes demandent officiellement au Conseil national, prévu mardi, l'annulation du scrutin du 21 novembre. "Le déroulement des opérations électorales a fait naître une profonde indignation, compte tenu du nombre des irrégularités constatées et du faible écart de voix entre les deux candidates, Ségolène Royal et Martine Aubry. De nombreuses irrégularités, quelques-unes faisant peser des soupçons sur les intentions réelles de leurs auteurs, pouvant s'apparenter à des fraudes, ont été constatées dans le cadre de ces opérations de vote", écrivent-ils dans un document de "protestation électorale" transmis à Daniel Vaillant, président de la commission de récolement du PS ( cliquez ici pour lire le document ). Pour le clan Royal, ces irrégularités seraient "constitutives de manoeuvres altérant la sincérité du scrutin". En conséquence, ils demandent "au Conseil national d'annuler le scrutin du 21 novembre 2008", qui a donné la victoire par 42 voix à la maire de Lille.
10 h 50 : Le rêve d'Ayrault. Le chef de file des députés PS Jean-Marc Ayrault veut que Ségolène Royal et Martine Aubry "se parlent, que l'une et l'autre se tendent la main". Un voeu pieux, quand on voit que chaque camp creuse les tranchées d'une guerre qui s'annonce sans merci. "Il faut s'arrêter, faire cesser un feuilleton totalement ridicule. Il faut que l'on ne soit pas dans cette course en avant de l'invective et de la provocation réciproque. Il faut aujourd'hui qu'une solution soit trouvée et que soit ratifiée l'élection d'une première secrétaire du PS", avance ce soutien de la motion Delanoë, contredisant ainsi les partisans de Royal. "Demain, celle qui dirigera le Parti socialiste ne pourra pas le faire sans associer les autres", clame-t-il.
9 h 20. "Quatre voix d'écart" d'après Peillon. Martine Aubry et Ségolène Royal sont quasiment à égalité. C'est du moins ce que soutient Vincent Peillon. "Après le premier travail de la commission hier [lundi, NDLR], il n'y a plus que quatre voix d'écart en faveur de Martine Aubry sur 135.000 votants", déclare-t-il sur France-Info. Ce très proche de l'ancienne candidate à la présidentielle regrette que la commission de récolement se soit "interrompue bizarrement à 17 heures" alors même "qu'il y a encore des suspicions sur plusieurs centaines ou milliers de voix". Pour l'eurodéputé, "il n'y aura pas de solution arithmétique" au contentieux entre les deux prétendantes à la tête du PS : c'est pour cela qu'il "faut donc renoncer à proclamer une nouvelle premier secrétaire" et "construire ensemble une procédure qui permette de revoter dans des conditions qui assureront la légitimité." Le PS doit "respecter l'État de droit et si ce n'est pas le cas, nous nous adresserons à la justice républicaine", met-il en garde.
8 h 30. Valls peut "démontrer les tricheries". Le lieutenant de l'ancienne candidate à la présidentielle n'en démord pas. Il répète que la présidente de Poitou-Charentes "a gagné". Alors que les discussions vont reprendre à 14 heures au sein de la commission de récolement , le député-maire d'Évry, qui "présente ses excuses aux militants" pour la cacophonie dans les rangs socialistes, assure être en capacité de "démontrer qu'il y a eu des erreurs manifestes, des tricheries". Il martèle que "personne ne peut asseoir sa légitimité sur une telle confusion (...), Ségolène Royal elle-même a dit que si elle était proclamée vainqueur de quelques voix, elle referait un vote". Très remonté, Manuel Valls promet qu'en cas de confirmation de la victoire de Martine Aubry, mardi soir, le camp Royal "continuera à se battre pour ses idées, et nous irons devant les tribunaux. Les règles de droit s'appliquent, y compris au PS".
22 heures. Les aubrystes dénoncent un "putsch médiatique". François Lamy, le bras droit de la maire de Lille, ne goûte pas les menaces de François Rebsamen. "C'est un putsch médiatique. Des déclarations très graves, indignes de celui qui a été numéro deux du PS pendant six ans. (...) Appeler à une manifestation et poser des ultimatums, ce n'est pas digne. (...) Je l'appelle à la raison et à la responsabilité, il doit respecter les instances de son parti et le vote des militants", s'emporte le député de l'Essonne.
21 heures. Les ségolénistes appellent à manifester. Les partisans de Ségolène Royal menacent de "saisir la justice" et d'appeler à une manifestation devant le siège du PS, rue de Solférino, si la commission de récolement, chargée de vérifier les procès verbaux des fédérations pour l'élection du premier secrétaire du PS, n'apaise pas leurs soupçons "de manipulations" au profit de Martine Aubry. "Nous donnons à la commission jusqu'à mardi 14 heures pour prendre en compte nos remarques. Il ne peut y avoir de passage en force sur un vote dont la sincérité est mise en cause", avertit François Rebsamen, numéro 2 sortant du PS et maire de Dijon.
19 h 15. "Bien dommage". Pour Ségolène Royal, il est "bien dommage" que la commission de récolement ait suspendu ses travaux. "C'est un peu embêtant", estime-t-elle au Grand Journal sur Canal+. Elle se demande comment celle-ci va pouvoir boucler ses contrôles "dans un laps de temps si court" puisque le conseil national, Parlement du parti, doit entériner les conclusions de ladite commission mardi à 18 heures. Voir la vidéo ci-dessous.
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