18.12.2008
Vœu contre le travail dominical
COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION DE LA SOMME DU PARTI SOCIALISTE
Nicolas DUMONT – Premier Secrétaire Fédéral
*************************
Vœu contre le travail dominical
Le Président de la République avait confirmé qu’il entendait forcer l’adoption, avant la fin de l’année, d’une loi généralisant le travail le dimanche.
Nous nous sommes opposés avec force à une telle perspective, imposée d’en haut au mépris de toute concertation avec les organisations syndicales et les acteurs concernés.
La mobilisation de tous et la levée de boucliers parmi les députés, y compris dans la majorité, a amené le Président de la République à accepter un premier recul sur le contenu de ce texte. Maintenant c’est le Premier Ministre qui annonce que la suite du débat est repoussée à janvier. Le Président de la République ne serait pas d’accord et souhaiterait que la discussion se poursuive quand même. Comme pour la réforme des lycées, nous avons la preuve que la mobilisation est efficace et amène le pouvoir à reculer. Nous continuerons cette mobilisation.
La généralisation du travail le dimanche constituerait une erreur économique, un danger social et une faute politique préjudiciable à la cohésion de notre société.
Nous rappelons que l’interdiction de travailler le dimanche est déjà assortie de nombreuses exceptions, qui répondent largement aux besoins des entreprises, notamment dans l’industrie et le commerce.
Etendre massivement les autorisations d’ouverture des magasins et usines le dimanche serait d’abord lourd de menaces pour le monde du travail. Contrairement à ce que prétendent le Président de la République et le gouvernement, le libre consentement à une telle organisation du travail serait en pratique impossible à vérifier, en particulier en période de difficultés économiques, les éventuels chantages à l’emploi réduisant à néant toute liberté de choix des salariés, notamment au moment de l’embauche. Cette évolution aurait donc inéluctablement pour conséquence de contraindre des milliers de salariés à travailler le dimanche.
Développer le travail le dimanche entraînerait également une rupture d’égalité injustifiable entre entreprises, notamment dans le commerce. Nous savons que seules les grandes enseignes auraient en réalité les moyens financiers et humains de faire travailler ainsi leurs salariés, ce qui créerait une situation de concurrence déloyale très défavorable aux petits commerçants et aux artisans. De l’avis d’une majorité d’experts et des organisations syndicales et patronales représentant les PME et les petites entreprises, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui seraient ainsi menacés dans le petit commerce.
Enfin, nous réaffirmons notre attachement au principe d’une journée de repos hebdomadaire commune à un maximum de salariés de ce pays. Il en va de la conciliation de la vie professionnelle avec la vie personnelle, familiale, culturelle, et du dynamisme de nos associations locales. Favorables à une société du vivre-ensemble et du bien-être, nous refusons une société du tout-marchand, sept jours sur sept, 365 jours par an.
Amiens, le 18 décembre 2008
15:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.12.2008
Crise: Le PS prépare un grand séminaire et un "plan global de relance et de réponse
| Le PS va organiser fin janvier un "grand séminaire sur la crise" et prépare également un "plan global de relance et de réponse" à la crise économique et financière, industrielle et sociale, a indiqué à l'AFP Benoît Hamon, porte-parole du PS. M. Hamon a fait cette annonce à l'issue du secrétariat national qui se réunissait pour la première fois sous la houlette de Martine Aubry. A côté du séminaire prévu le 31 janvier, le PS rendra "public une sorte de plan global de relance et de réponse à la crise économique et financière, ensuite à la crise industrielle" et enfin "à la crise sociale", a indiqué M. Hamon. "Sur ces trois aspects, il y aura un plan PS" qui sera préparé "par une série de réunions, de rencontres avec les syndicats, avec les experts, de bureau national sur cette question-là", a précisé M. Hamon. "Cela se conclura par un moment de mobilisation, avec l'ensemble des secrétaires de section socialistes le 31 janvier prochain", a précisé M. Hamon. Il s'agit d'une "réunion traditionnelle" mais qui sera consacrée à cette question. Par ailleurs, le 20 janvier, se tiendra un "Bureau national exceptionnel crise" pour préparer cette réunion des secrétaires de section", a précisé M. Hamon. Les Bureaux nationaux (BN) "classiques" se réuniront tous les 15 jours et il y aura "des BN thématiques exceptionnels tous les 15 jours qui se glisseront dans l'intervalle", a annoncé également l'eurodéputé. |
18:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Fabius se moque de ceux au PS qui disent "Madame, il m'a pris ma gomme"
Il y a 1 heure
PARIS (AFP) — Laurent Fabius, soutien de Martine Aubry, s'est moqué mardi de certains socialistes qui "voudraient bien être des ténors", les invitant à cesser de "considérer que la politique, c'est du niveau +Monsieur ou Madame, il m'a pris ma gomme!+".
"On a besoin de la gauche et d'un Parti socialiste fort et on a le sentiment que certains ne sont pas à la hauteur. Ils voudraient bien être des ténors mais ils ne le sont pas encore nécessairement", a déclaré M. Fabius sur RTL, visant, sans les nommer, Ségolène Royal et ses proches.
Lundi, Vincent Peillon, un des lieutenants de Ségolène Royal, avait vivement attaqué la nouvelle direction du Parti, condamnant notamment le texte d'orientation de Martine Aubry, truffé de "fautes d'orthographe" et représentant "une régression intellectuelle comme on n'en a pas vu depuis des années".
"Il vaut mieux en rire qu'en pleurer" mais "tout de même, il y a un moment où il faut siffler la fin de la récré, ça suffit!", a lancé le député de Seine-Maritime, dont de nombreux partisans font partie de la nouvelle direction du PS, lui-même restant en-dehors.
"On a besoin de gens sérieux qui aient des propositions, qui aient des idées, qui arrêtent de considérer que la politique c'est du niveau +Monsieur ou Madame, il m'a pris ma gomme!+", a-t-il dit.

14:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.12.2008
Mme Aubry s'entoure d'une direction renouvelée et rajeunie
Réuni samedi 6 décembre à Paris, le conseil national du PS a entériné la constitution d'une minorité autour de Mme Royal
Le " rassemblement " des socialistes se fera sans Ségolène Royal et les siens. Le conseil national du Parti socialiste, réuni samedi 6 décembre à Paris, a entériné la rupture et la constitution, autour de l'ex-candidate à l'élection présidentielle, d'une minorité au sein du parti. Comme ils l'avaient annoncé la veille, après avoir pris connaissance de la " feuille de route " proposée par Martine Aubry pour les trois ans à venir, les amis de Mme Royal ont refusé toute participation à la nouvelle direction. Ils exigeaient notamment le poste de numéro 2 pour le député européen Vincent Peillon, et la présidence de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains pour Mme Royal.
A l'issue d'une réunion tendue, les partisans de Mme Royal se sont abstenus sur le texte d'orientation soumis au vote. Ce texte, qui prône " l'exigence d'un socialisme de gouvernement clairement ancré à gauche " et consacre un long chapitre à l'exigence d'une " rénovation profonde " du PS, est le résultat d'un compromis entre les trois motions qui se sont alliées pour faire gagner Mme Aubry. Il a été adopté par 146 voix pour et 72 abstentions lors d'un vote nominal, procédure rarissime au PS qu'avaient exigée les " royalistes ".
Dans une nouvelle tentative pour se faire entendre - mais en l'absence de Mme Royal comme de celle du premier secrétaire sortant, François Hollande -, les soutiens de l'ex-candidate (Julien Dray, Pascal Terrasse, François Rebsamen et David Assouline) se sont succédé à la tribune pour dénoncer " l'ostracisme " dont ils s'estiment victimes. Leurs cinq amendements au texte d'orientation ont été rejetés. Ils portaient sur des thèmes qui leur sont chers, sur lesquels ils comptent bien continuer à marquer leur différence avec la nouvelle direction socialiste : la politique européenne, l'instauration d'une cotisation " modique " pour adhérer au PS, ou encore l'organisation de " primaires de toute la gauche " pour la désignation du futur candidat à l'élection présidentielle.
" NOUVEAUX " ET VIEUX ROUTIERS
Mme Aubry avait promis une direction féminisée, rajeunie et renouvelée. Sur ces trois points, elle a tenu ses engagements. Le nouveau secrétariat national est paritaire : 19 hommes, 19 femmes ; 60 % de ses membres font leur entrée à la direction du parti ; 40 % ont moins de 40 ans. En revanche, la nouvelle direction est moins " resserrée " qu'attendu (38 membres au lieu de 45 pour l'équipe sortante). Parmi les nombreux " nouveaux " figurent l'ex-président de l'UNEF, Bruno Julliard (éducation), la députée strauss-kahnienne de Paris Sandrine Mazetier (immigration) ou Bertrand Monthubert, président de l'association " Sauvons la recherche " (enseignement supérieur et recherche). Toutefois, le premier cercle de la nouvelle direction est solidement charpenté par des hommes-clés, pour la plupart des vieux routiers appartenant aux courants qui ont soutenu Mme Aubry, comme Claude Bartolone, Christophe Borgel ou Harlem Désir. Ce dernier, député européen et principal lieutenant de Bertrand Delanoë, fait partie du carré de tête de l'organigramme. On y trouve aussi François Lamy, nommé " conseiller politique auprès de la première secrétaire ", Arnaud Montebourg, chargé de la " rénovation ", et, enfin, Benoît Hamon, dont la motion représentant la gauche du PS avait remporté 18,5 % à Reims.
Outre neuf postes pour ses proches, M. Hamon obtient la fonction convoitée de porte-parole. Il est passé aux travaux pratiques dès dimanche matin, sur France Info, en demandant " le rétablissement d'une forme d'autorisation administrative de licenciement pour les licenciements boursiers ".
Autre poste stratégique, celui des " élections et de la vie des fédérations " est confié au strauss-kahnien Christophe Borgel, tandis que le député de Seine-Saint-Denis et bras droit de Laurent Fabius, Claude Bartolone, récupère les " relations extérieures ". La création d'un " laboratoire des idées ", sorte de méga- " think-tank " socialiste, est confiée à l'ancien ministre Christian Paul, proche de M. Montebourg, et le " Forum des territoires " à l'ancienne garde des sceaux Marylise Lebranchu. Soucieuse d'apaiser les tensions, Mme Aubry a assuré " à Ségolène Royal " que la porte " resterait ouverte " pour elle et ses proches " pendant les trois années " de son mandat de première secrétaire. " Faux départ " et " mascarade ", a répliqué Vincent Peillon, tandis que l'ex-candidate a réaffirmé, dimanche soir sur France 2, qu'elle souhaitait se " mettre à la disposition du parti ".
Christine Garin
© Le Monde
16:31 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.12.2008
Parti Socialiste : Texte d’orientation politique 2008-2011
I Introduction
Le 75ème Congrès du Parti Socialiste s’est tenu dans un contexte tout à fait extraordinaire, celui de la brusque faillite d’un système économique, d’un modèle de capitalisme financier que nous avons toujours combattu, et qui privilégie systématiquement la rémunération des actionnaires sur les investissements dans
l’économie réelle, de l’emploi et des salaires.
Depuis qu’il s’est imposé à l’ensemble des économies occidentales, dans le courant des années 1980, ce système a freiné les investissements productifs, accru considérablement les inégalités et aggravé la crise écologique.
Les crises actuelles, financière, alimentaire et environnementales, montrent clairement que nous arrivons à la fin d’un cycle, aux limites extrêmes du libéralisme sauvage.
Pourtant, cette situation, si elle valide les analyses que nous avons pu formuler, est aussi lourde de menaces. L’entrée de nos économies dans une période de récession risque d’avoir des conséquences implacables sur l’emploi - dans tous les secteurs et notamment dans les PME particulièrement fragilisées face à une telle situation – mais aussi sur le pouvoir d’achat, le marché du logement, l’accès au crédit.
La crise financière se poursuit, la crise économique est là et la crise sociale se dessine.
Les socialistes ont pleinement pris la mesure de cette situation. Ils affirment leur volonté d’agir pour préserver l’emploi et porter un nouveau projet de société, réaliste et de gauche, qui permette de proposer un autre modèle et de rendre l’espoir à nos compatriotes.
C’est dans ce cadre que, le 6 novembre, les militants socialistes se sont exprimés. A travers leur vote, ils nous ont adressés deux messages forts.
Le premier message, c’est l’exigence d’un socialisme de gouvernement clairement ancré à gauche ; un socialisme de réforme et qui inscrit son action dans la perspective d’un nouvel horizon européen.
L’Europe telle qu’elle est, doit être réorientée pour proposer une alternative au modèle libéral.
Le cœur du socialisme, c’est la question sociale et au cœur de la question sociale, il y a la question de la production et de la répartition de la richesse, du pouvoir d’achat, des conditions de travail et de logement, de la protection sociale, des services publics. Face à une droite dure, il faut une gauche forte.
Face au Sarkozysme, il faut un socialisme décomplexé.
Le second message, c’est l’indispensable renouvellement, dans toutes ses dimensions, de notre parti.
Ancrage à gauche et renouvellement sont pour nous indissociables. Il suppose aussi la fidélité à une conception exigeante de la politique : le débat argumenté plutôt que la démarche personnelle.
L’objet de ce texte d’orientation soumis est précisément de porter dans les trois années qui viennent ce double message à travers des orientations politiques et organisationnelles claires.
Il constituera la feuille de route des instances du Parti Socialiste dans les années qui vienne, jusqu’à notre prochain congrès.
- Inventer un nouveau modèle de développement économique, social et écologique
- Donner un nouveau sens à la société : solidarité, responsabilité, libertés publiques
- Donner une nouvelle direction à l’Europe
- Faire renaître le Parti Socialiste
I Inventer un nouveau modèle de développement économique, social, écologique
La crise que nous traversons est multiple et globale : nous assistons, notamment depuis le début de l’automne 2008, à la faillite d’un système économique, celui d’un capitalisme dérégulé, financiarisé, profondément inégalitaire et indifférent à l’avenir des générations futures.
Il revient aux socialistes de répondre à ces défis sans doute sans précédents dans l’histoire de l’Humanité. Nous devons le faire en répondant tout d’abord aux inquiétudes de nos concitoyens qui vivent durement les effets de cette crise en élaborant un plan d’urgence économique et social, porté par nos élus au Parlement et, auprès des Français par une campagne nationale de grande envergure. Mais nous ne serions pas à la hauteur de nos tâches historiques, si, parallèlement, nous n’engagions pas l’invention d’un nouveau modèle de développement fondé sur une efficacité au service de la justice sociale et de la préservation de notre environnement. Et nous pensons que dans ce nouveau modèle, la puissance publique, sous toutes ses formes, doit être réarmée pour tenir le rôle fondamental qui est le sien.
I-1 Répondre à l’urgence de la crise économique et sociale par un plan d’ensemble
Trois sujets prioritaires doivent être au coeur de notre élaboration collective : le pouvoir d’achat, l’emploi, les services publics.
- S’agissant du pouvoir d’achat et des salaires, il nous faut d’abord combattre vigoureusement la politique de la droite en montrant clairement son inefficacité et son injustice. L’augmentation du volume des heures supplémentaires et leur exonération de charges sociales n’ont été qu’un prétexte pour démanteler les 35 heures. A l’heure de la récession, au moment où les entreprises multiplient les périodes de chômage technique, tout démontre l’inanité voire le cynisme de ce dispositif présenté sous le slogan simpliste du « travailler plus pour gagner plus ».
Ce sont au contraire d’autres pistes qu’il nous faut explorer, d’autres mesures que nous devons proposer aux Français. Notre objectif est de parvenir à garantir structurellement la répartition des richesses.
En commençant par une politique active du SMIC avec des hausses régulières et significatives, en recherchant de nouveaux mécanismes d’indexation. En poursuivant par l’activation d’autres instruments permettant l’augmentation du pouvoir d’achat de nos concitoyens : plafonnement des loyers, revalorisation de certaines prestations comme les petites retraites ou l’allocation de rentrée scolaire, création d’une allocation d’autonomie pour les jeunes majeurs.
- En ce qui concerne l’emploi, les socialistes devront se battre sur deux fronts : la lutte contre la précarité, la création de nouveaux emplois. Au cœur des inégalités de revenus, se trouve l’inégalité dans l’emploi. Nous commencerons par réaffirmer la primauté du CDI sur tout autre modalité de contrat de
travail. Quant à la création de nouveaux emplois, nous savons qu’elle passe par le dynamisme de la croissance mais aussi par la mobilisation de tous les gisements insuffisamment explorés jusqu’à présent dans un certain nombre de secteurs d’activité : produits et technologies propres de l’environnement, grande distribution, services à la personne ou de la petite enfance…
- Les services publics sont le patrimoine des Français qui n’en ont pas. Ils participent puissamment à la cohésion sociale et l’égalité territoriale. Dans un contexte de fort accroissement des inégalités, leur défense et leur extension est donc plus que jamais à l’ordre du jour.
C’est pourquoi nous affirmons clairement notre volonté de les défendre, à commencer par la Poste, la SNCF, ainsi que l’Hôpital. Au delà, il s’agira de réhabiliter la sphère des services publics, en engageant des réformes audacieuses et en intervenant au niveau européen. Nous devrons également anticiper les besoins économiques, sociaux et environnementaux qui appellent une intervention de la puissance publique, ou de nouvelles socialisations,
là où le marché est incapable de répondre aux enjeux de nos sociétés.
Ce plan d’urgence doit reposer sur la mobilisation de tous les acteurs qui cherchent, comme nous, des réponses. L’organisation de rencontres, de débats avec les forces vives de la nation - syndicales, associatives, représentatives des services publics - est donc un impératif qu’il nous faudra mettre en œuvre rapidement.
I-2 Au-delà de l’urgence, repenser la croissance
Face à l’échec patent et aux excès du libéralisme économique, c’est la tâche des socialistes d’inventer un nouveau mode de production conciliant développement durable, croissance et justice sociale.
D’ores et déjà plusieurs orientations majeures sont confortées à l’issue des travaux de notre congrès :
Prendre en compte l’urgence écologique
Pour les socialistes, le temps de la sous-traitance de la question environnementale est révolu. Si cette dernière impose de revisiter bien des idées de gauche notamment en matière de croissance, loin de les disqualifier, elle les conforte à condition d’assumer notre double identité sociale et écologique.
C’est pourquoi, nous devons trouver les moyens de favoriser une économie et une vie sociale durable en formalisant dans notre projet de société des propositions concrètes autour de quelques grandes problématiques : relocalisations de certaines activités productives, mobilisation d’actions énergiques en faveur du logement et des transports en commun, aménagement du territoire et politiques d’urbanisme repensés, priorité affirmée aux énergies renouvelables notamment par la mise en oeuvre d’une politique industrielle au niveau national et européen, promotion d’un mode de consommation plus responsable fondé sur la qualité, la durabilité et le recyclage des produits de grande consommation, instauration d’une fiscalité écologique…
Créer les conditions d’une croissance solide et riche en emplois
Etre efficace consiste tout d’abord à prendre en compte les réalités qui s’imposent à nous au moment où la faillite du système économique qui domine le monde depuis un quart de siècle, est patente.
Sans adhérer aux théories qui voudraient faire croire que la division internationale du travail partagerait le monde entre ceux qui sont entrés dans l’économie de « l’intelligence » et ceux qui se borneraient à être des pays atelier - ceux qui « pensent » et ceux qui « fabriquent » -, nous devons en priorité développer l’innovation et la qualification des salariés pour renforcer la compétitivité de notre pays, afin de permettre à nos entreprises de se situer sur les marchés les plus dynamiques et aux salariés d’obtenir de plus fortes rémunérations grâce à une meilleure productivité.
Parce que nous sommes déjà concurrencés à l’échelle mondiale sur tous les segments de la production de biens et de services, l’avenir des pays développés se jouera sur le maintien d’une avance technologique et d’une forte capacité d’innovation, d’invention de nouveaux produits. Aussi devons nous faire le choix de l’innovation et de la connaissance en investissant massivement dans la capital humain, en accroissant significativement les dépenses en faveur de la recherche tout en cherchant des synergies efficaces avec les collectivités territoriales, en refondant notre système universitaire avec pour objectif d’atteindre progressivement la moitié d’une classe d’âge diplômée du supérieur. Autant de réformes à penser avec tous les acteurs concernés.
Refaire passer l’économie réelle avant la finance.
Trois orientations rassemblent les socialistes : doter le pays d’une politique économique favorisant l’économie réelle, réformer en profondeur le système financier, ramener les entreprises vers l’investissement et l’emploi.
Parce qu’ils sont totalement absents des politiques économiques de la droite, les grands projets industriels doivent être à nouveau portés par la gauche de même que nous devons travailler à la relocalisation d’activité industrielles en France, rendues possible et nécessaire par la nouvelle donne économique et écologique mondiale. Comme elle a su le faire dans le passé, la puissance publique doit aider, en partenariat avec le secteur privé, à leur mise en œuvre et permettre leur éclosion au niveau européen.
La reconfiguration de notre appareil productif est, en outre, indispensable si nous voulons être compétitifs. L’action publique devra favoriser la création et le financement d’un tissu de petites et moyennes entreprises performantes et innovantes qui seront des facteurs de croissance pour le développement de l’emploi. Enfin, le 1er acte d’une réforme fiscale d’envergure sera le redéploiement du paquet fiscal conçu pour les plus favorisés des Français vers les dépenses porteuses d’avenir (investissements publics, innovation, recherche, éducation) sera à même de renforcer notre potentiel de croissance.
Réformer le système financier
C’est l’une des tâches principales à laquelle les socialistes doivent contribuer. Face aux dérèglements de l’hyper capitalisme financier, il est impératif de renforcer considérablement la régulation financière. Nous devrons donc porter un corps de propositions cohérentes et de nature à empêcher le retour des crises et des bulles financières récurrentes qui ponctuent le cours du capitalisme contemporain. Cela va
des règles applicables aux banques jusqu’à la lutte effective contre les paradis fiscaux, et la mise en place d’un pôle financier public.
Ramener les entreprises vers l’investissement et l’emploi suppose de modifier leur comportement afin qu’elles privilégient des préoccupations de long terme au détriment des objectifs financiers de court terme, favorisent les embauches et valorisent le travail. Les socialistes devront ainsi imaginer les dispositions législatives ou fiscales allant en ce sens (modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de la part des bénéfices réinvestis, taxation des entreprises qui abusent des emplois précaires…).
Nous pensons qu’il est possible d’agir efficacement par exemple par le contrôle des licenciements, par des exigences fortes en terme de recréation d’emploi et de reclassement des salariés qui découragent totalement les licenciements boursiers en faisant payer aux entreprises qui en ont les moyens le reclassement des salariés et la recréation des emplois supprimés.
Cette nouvelle donne suppose à l’évidence l’approfondissement de notre démocratie sociale et l’invention de nouveaux droits pour les travailleurs qui respectent les acquis du code du travail tournant le dos à la recodification libérale entreprise par la droite- comme le droit au repos dominical. Les socialistes doivent impérativement inventer de nouvelles règles et une nouvelle pratique du dialogue social pour que les salariés y gagnent en protection et notre économie en capacités d’adaptation. Le renforcement des syndicats dans leur représentativité et donc dans leur légitimité à négocier des accords, tout comme la représentation des salariés dans les entreprises quels que soient leur statut et leur taille sont des priorités que nous devons aborder dans un dialogue constructif avec les confédérations syndicales pour déboucher sur un renouvellement profond de notre démocratie.
Ces orientations très largement partagées par les socialistes doivent nous rassembler. Elles renouent avec l’esprit de nos congrès : il s’agit moins d’élaborer un programme complet de législature que de hiérarchiser les choix et les priorités essentielles. Bien entendu, ces orientations devront être approfondies et débattues par les militants.
II Donner un nouveau sens à la société : solidarité, responsabilité, nouvelles libertés publiques
Fidèles à nos héritages philosophiques et historiques, nous faisons de la progression de la démocratie et des libertés un objectif essentiel de notre action.
Nous voulons poursuivre et renouveler le combat pluriséculaire des républicains et des socialistes pour l’émancipation individuelle. Nous continuons de penser que la meilleure réponse à l’insécurité est la lutte contre les inégalités.
Nous voulons évidemment aussi une société de citoyens libres, solidaires et responsables, conscients de leurs droits comme de leurs devoirs, reconnaissant aux autres les mêmes droits que les leurs, respectant les règles communes et la laïcité républicaine contre toute forme de communautarisme...
Nous voulons une société qui garantisse à tous l'accès aux droits fondamentaux que sont la santé, le travail, la retraite, le logement, l'éducation ; une société qui permette l’égalité des droits et réduise les inégalités à travers le développement des services publics, la lutte contre toutes les formes de discriminations, la redistribution des richesses. La culture est une dimension essentielle de notre projet comme moyen d’accès à une émancipation réelle.
II-1 Un Etat social prévoyant, instrument d’une nouvelle donne sociale et de la réduction des inégalités.
La gauche doit s’assigner pour tâche de bâtir un Etat social prévoyant, dynamique et anticipateur, appuyé sur les partenaires sociaux, adaptant ses modes d’action à la diversité nouvelle des situations, sachant faire descendre l’action correctrice de la politique au plus près des besoins individuels.
Assurer l’égalité réelle des chances
Nous mettrons en place un service public de la petite enfance et nous défendrons l’école maternelle. Nous défendrons et réformerons l’Éducation nationale, en nous appuyant sur les enseignants – dont le rôle dans la société doit être reconnu et revalorisé- et les parents, pour mieux prendre en compte la diversité des besoins des élèves. Nous récusons de ce point de vue la remise en cause de la sectorisation des établissements scolaires, qui accentue les inégalités. En attendant de recréer partout de la mixité sociale par le renouvellement urbain, nous donnerons à chaque école les moyens dont elle a besoin, en acceptant de moduler fortement le nombre d’élèves par classe, en encourageant les enseignants les plus aguerris à enseigner là où c’est le plus difficile, en contrepartie d’avantages professionnels. Nous relancerons la démocratisation de l’enseignement supérieur en luttant notamment contre la paupérisation croissante des étudiants.
La formation ne doit pas s’arrêter à la porte de l’Education Nationale. Nous définirons les moyens pour permettre à ceux qui ont interrompu leur scolarité sans cursus supérieur de reprendre des études plus tard. En outre, nous voulons la création d’une véritable sécurité sociale professionnelle : il nous faudra trouver les outils transférables d’une entreprise à l’autre pour organiser des carrières à nouveau tirées vers le haut ; pour garantir un égal accès à la formation professionnelle ; pour que les périodes de chômage transformées en temps de formation et mieux indemnisées pour rebondir plutôt que de s’enfoncer ; pour que chacun puisse être accompagné par un service public de l’emploi, de la formation et de la progression professionnelle efficace.
Nous lutterons avec détermination contre les discriminations raciales à l’embauche ou au logement, en mettant notre parti à la pointe de ce combat.
Garantir les droits fondamentaux :
- Nous restaurerons le droit de tous à la santé, en supprimant les « franchises médicales », en remettant l’hôpital public au coeur du système, en garantissant une présence de médecins dans chaque région. Nous assurerons le financement de l’assurance maladie en misant d’avantage sur la prévention, et en élargissant l’assiette des cotisations patronales des salaires vers la valeur ajoutée.
- Nous consoliderons le système de retraite par répartition, pilier du pacte social français, en prenant mieux en compte l’espérance de vie et la pénibilité, en augmentant l’accès à l’emploi des plus de 50 ans. Son financement pourra être envisagé par l’extension de l’assiette de financement sur la valeur ajoutée, les produits financiers et les stock-options et en créant une CSG d’entreprise.
- Nous mènerons des politiques volontaristes en matière de logement, en renforçant
drastiquement les pénalités des communes ne remplissant pas les obligations de la loi SRU, en fixant une règle des « trois tiers bâtis » – logements sociaux, logements intermédiaires, logements libres – à respecter dans chaque programme d’une certaine taille, en n’hésitant pas à bloquer temporairement les loyers si nécessaire.
- Nous réhabiliterons une grande politique culturelle qui redonnera du souffle aux grandes institutions de notre pays, confortera la place des artistes et leur liberté de création, ouvrira de nouveaux champs de la démocratisation culturelle – notamment en développant les pratiques des arts et cultures populaires - et fera émerger de nouveaux outils au service de cette volonté.
Réduire les inégalités
Loin de tout immobilisme, nous mènerons une grande réforme fiscale, en accroissant la progressivité des impôts, en supprimant le bouclier fiscal et les niches injustes.
Le système fiscal français est faiblement redistributif. Cela s’est accentué avec la politique de défiscalisation menée par la droite avantageant ainsi les couches privilégiées. Une réforme fiscale authentiquement progressiste doit rendre l’impôt plus juste, tout en améliorant son rendement. La réforme fiscale doit reposer en premier lieu sur un grand impôt progressif sur le revenu, assis sur une assiette large,
afin de financer selon la capacité contributive de chaque citoyen, toutes les dépenses à caractère universel.
Il faut réformer la fiscalité locale, particulièrement injuste. Il faut avoir le courage de mettre en place une véritable péréquation fiscale entre les collectivités. Il faudra rouvrir en notre sein le débat sur la TVA dont la baisse est un moyen de redistribuer immédiatement du pouvoir d’achat aux ménages modestes notamment lorsque la baisse s’applique aux produits de première nécessité.
Sensibles aux nouvelles inégalités territoriales, nous assurerons la nécessaire rénovation et la répartition équitable des services publics. Nous veillerons à faire une plus grande place aux transports collectifs, nous rétablirons les moyens des collectivités locales et la solidarité nationale en élargissant la péréquation des dotations, en repensant profondément les villes.
II-2 Une société de progression des droits et des libertés
Notre démarche politique doit s’inscrire dans la perspective d’une transformation réelle et profonde de la Vème République avec en particulier le renforcement du rôle du parlement, la limitation stricte du cumul des mandats et la réforme des modes de scrutin. Nous croyons indispensable de restaurer l’indépendance des medias Nous voulons également conforter le monde associatif et les acteurs sociaux en renforçant la place de la négociation collective, en créant de nouvelles incitations à la syndicalisation.
Nous voulons promouvoir les Outre-Mers, qui sont une chance pour la République. Au nom de l’égalité, nous nous engageons à renforcer la cohésion sociale et territoriale en maintenant un effort exceptionnel pour compenser leurs retards.
Aux antipodes de la politique brutale et honteuse de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, nous définirons une politique de l’immigration humaine et digne de la France, fondée sur un juste équilibre entre famille, travail et asile, reconnaissant ceux qui sont en France depuis longtemps et ont fait la preuve de leur insertion.
Nous porterons une politique de sécurité alliant fermeté et justice. Nous referons de la prévention une priorité, en renforçant la police de proximité, en augmentant le nombre d’éducateurs spécialisés ; nous proposerons une grande réforme de la justice lui donnant des moyens à la hauteur d’un grand pays comme le notre pour un système de sanction rapides, proportionnées et justes car il n’y a pas d’ordre sans justice.
Nous étendrons les libertés individuelles, en ouvrant de nouveaux droits, comme par exemple le droit de finir sa vie dans la dignité, l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels, le droit de vote des étrangers aux élections locales….
III Donner une nouvelle direction à l’Europe : les citoyens d’abord
Alors que les économies européennes s’enfoncent dans la crise, que le chômage et la précarité frappent des millions de salariés et leurs familles, les Etats-membres hésitent sur une véritable stratégie commune. Si la construction européenne a pu notamment imposer la paix et propager la démocratie dans la seconde partie du XXe siècle, elle est aujourd’hui en panne et tend même à oublier sa mission. La position
de la Commission européenne vis-à-vis des aides d’Etat aux banques est emblématique du carcan idéologique dans lequel elle se construit aujourd’hui.
Dirigée par une majorité de partis conservateurs, excessivement soumise aux lois du tout marché et en conséquence incapable de réagir face à la crise financière, l’Europe ne sait plus aujourd’hui répondre aux attentes des Européens.
Faute d’outils adéquats, faute de clivages politiques assumés, l’Europe s’affaiblit alors qu’elle est le niveau d’action politique pertinent.
Notre devoir à nous socialistes européens est de reprendre le combat des progressistes européens. Le moment est venu que se lève une nouvelle génération d’hommes et de femmes de gauche pour construire un projet alternatif à celui conduit actuellement par les droites européennes. Il faut pour cela en finir avec la co-présidence au Parlement européen.
Le Manifesto adopté à Madrid le 1er décembre 2009 par l’ensemble des partis membres du PSE constitue une opportunité historique d’y parvenir.
Jamais sans doute nous n’avons autant partagé, entre socialistes européens, la philosophie de la construction européenne –« les droites européennes proposent de s’adapter au marché, nous proposons de façonner notre avenir »-, la volonté de profondément réorienter la construction européenne pour donner « un nouveau sens à l’Europe » -, l’objectif le plus fondamental d’ « une société plus juste plaçant les citoyens d’abord » - mais aussi les moyens pour y parvenir : réforme des marchés financiers, stratégie ambitieuse de croissance verte et écologique avec pour objectif 10 millions d’emplois supplémentaires à horizon 2020, nettes avancées pour l’Europe sociale reprenant de nombreuses avancées portées depuis longtemps par les socialistes français (une clause de progrès social dans chaque législation européenne, une directive cadre pour les services publics, salaires minimaux dans tous les Etats-membres, volonté clairement affichée « d’empêcher la concurrence fiscale « afin de préserver le financement des Etats-providence d’Europe »….),
faire de l’Europe le leader mondial de la lutte contre le changement climatique, placer l’Europe « à l’avant-garde de la promotion de la paix et le partenariat afin d’éradiquer la pauvreté par solidarité avec les citoyens du monde ».
Le Manifesto de Madrid constitue un socle essentiel pour les élections européennes de juin 2009 et pour la reconquête du pouvoir par la gauche en Europe. Nous devons nous y inscrire pleinement, dans une campagne européenne.
Nous devons aussi continuer à faire progresser d’autres idées pour concrétiser ces nouvelles priorités de la gauche européenne.
- Lancer des avant-gardes dans les domaines clefs de la préparation de l’avenir. A 27 pays membres, bientôt à 30 et peut-être davantage, l’« Europe différenciée » peut être le meilleur moyen pour progresser vers plus d’efficacité. Les « coopérations renforcées » en fournissent l’instrument. Nous proposerons une communauté européenne de l’énergie pour coordonner les investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, lutter contre le réchauffement climatique et parler d’une seule voix avec les pays producteurs. La perspective d’une coopération européenne de la recherche et de l’innovation sera également défendue.
- Lancer de grands programmes d’investissement. Nous devons être porteur d’une politique de lancement de grands emprunts par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) ou la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD) afin de financer de nouvelles infrastructures (transport, Énergie…) et de nouvelles technologies, et de soutenir la recherche.
- Au-delà du lancement de grands emprunts, il faudra proposer de renforcer le budget européen. Un impôt européen pourrait être créé, assis par exemple sur le bénéfice des sociétés pour financer cet effort et constituer un premier pas vers l’harmonisation fiscale.
- Avancer vers un gouvernement économique de la zone euro. La monnaie européenne doit désormais être utilisée pleinement comme un outil économique. Les objectifs de la banque centrale doivent intégrer, sans renoncer à la lutte contre l’inflation, la croissance et l’emploi. Un objectif d’inflation devrait pouvoir être fixé. Les orientations de change doivent être fixées en accord avec les Etats membres. C’est également à ce gouvernement économique que doit revenir le soin de formuler des propositions en vue d’un nouveau modèle financier, faisant primer l’économie réelle, l’emploi et le long terme sur la rentabilité financière à court terme.
- Refonder la politique agricole commune pour répondre aux défis du présent comme le droit à une alimentation de qualité, la santé humaine et animale, l’aménagement du territoire et l’environnement.
- Nous souhaitons que l’Union Européenne adopte une politique d’« échange équilibré » prenant en compte les difficultés qui pèsent sur nos entreprises les plus exposées et les plus fragiles. La politique commerciale européenne devra -à partir de leviers comme les tarifs extérieurs commun et les positions prises à l’OMC..- être justement calibrée afin de permettre à nos industries sous pression de se moderniser tout en permettant la croissance des pays en développement. Le droit européen de la concurrence et des OPA devra être adapté en faveur de la maîtrise des centres de décisions considérés comme stratégiques.
- L’Europe doit peser dans les instances internationales, pour défendre notre volonté d’un nouveau modèle de développement. Une réforme profonde des instances politiques mondiales est nécessaire.
Aujourd’hui dominées par les normes commerciales (OMC) et financières (FMI), il est nécessaire de travailler à une nouvelle hiérarchie des normes internationales. Enfin, les différentes régions de la planète doivent être démocratiquement représentées dans toutes les instances internationales.
- L’Europe doit aussi faire entendre une voix forte contre l’unilatéralisme américain et son discours du choc des civilisations, au profit d’un monde multipolaire, développer une sécurité européenne porteuse de paix dans le monde, et aussi être sur tous les terrains où les droits et libertés des hommes et des femmes sont bafoués. De nouvelles avancées devront être recherchées dans cet esprit dans le domaine de la
politique étrangère commune et de la coopération militaire.
- L’Europe et la France doivent prendre la tête de la solidarité internationale et en priorité vers le Sud. Nous vivons dans un monde où la richesse globale n’a jamais été aussi forte et où elle n’a jamais été aussi inégalement répartie. Il n’y aura de victoires décisives qu’en nous appuyant sur les acteurs du développement eux-mêmes ; mais il faudra aussi des moyens supplémentaires afin d’être à la hauteur des enjeux.
IV Faire renaître le Parti Socialiste
Il y a aujourd’hui beaucoup à faire pour tenir compte des évolutions de la société française et des réalités du combat politique. La rénovation doit être profonde. Nous voulons tous un parti plus nombreux, beaucoup plus présent dans la société, beaucoup plus influent intellectuellement.
Nous croyons au rôle irremplaçable des militants socialistes, nous n’admettrons pas de voir notre parti se transformer progressivement en un parti au service d’une candidature. C’est la raison pour laquelle il est temps d’en finir avec la personnalisation des enjeux au sein du PS. On ne peut dénoncer à la fois la nature présidentialiste du régime à la tribune de l’Assemblée et importer au sein de notre organisation tous les principes de fonctionnement de la Vème République.
Maintenir un esprit militant, forger et porter des analyses communes, débattre sérieusement, est d’une actualité plus grande que jamais si nous ne voulons pas avoir comme horizon que l’actualité immédiate, oubliant que nous portons une histoire qui est aussi une boussole pour l’avenir, si nous voulons tout simplement convaincre nos concitoyens que nous portons un projet d’avenir capable de répondre à leurs attentes et à l’intérêt du pays.
À partir de là, la rénovation doit partir de ce que sont les atouts et les faiblesses que nous avons constatés depuis des années. Une part des solutions dépend de nos pratiques et de la volonté que nous mettons pour les améliorer, l’autre part demandera des réformes dans nos statuts.
Quelques principes éclairent le sens des actions à entreprendre.
Le Parti socialiste doit être exemplaire dans ses pratiques démocratiques. Chacun de ses adhérents doit avoir effectivement les mêmes droits. Un travail commun doit donc être mené pour fixer des règles claires et identiques pour le suffrage militant dans toutes les sections et toutes les fédérations.
Le Parti socialiste doit accueillir plus de militants. Le principe de proportionnalité de la cotisation selon les revenus doit être maintenu c’est un des éléments de l’engagement militant. C’est un principe de solidarité qui renforce l’engagement militant.
La qualité de « l’offre militante » est tout aussi importante dans l’accueil, dans les activités, dans la formation, dans la convivialité. La mise en oeuvre d’une Université permanente de grande ampleur sur tout le territoire est nécessaire.
Le Parti socialiste doit être plus représentatif de la diversité sociale et culturelle de la société française. La parité doit être pleinement appliquée. Le cumul des responsabilités doit être limité.
Le Parti socialiste doit être plus proche de ses sympathisants et de ses électeurs. Il faut pouvoir associer d’avantage les militants. Cela suppose de tirer mieux parti des multiples activités locales de notre Parti qui ne sont pas suffisamment valorisées et qui peuvent être le moyen de retisser des réseaux dans les mouvements sociaux.
Il nous faudra aussi étudier et débattre sérieusement la question du mode de désignation de notre candidat à l’élection présidentielle, que nous n’avons pas réglé dans notre dernière réforme statutaire.
Nous devrons aussi nous interroger sur nos procédures de Congrès à la lumière du déroulement de celui de Reims notamment avec la coexistence de deux principes, celui qui régit le vote sur les motions, proportionnel, celui qui commande le vote sur le Premier secrétaire et les premiers secrétaires fédéraux, majoritaire.
S’agissant des alliances, nous devons marquer clairement les différences entre la gauche et la droite, en cohérence avec l’ancrage à gauche de notre politique. Le congrès de Reims en a affirmé majoritairement la volonté. En affirmant clairement que notre stratégie est celle du rassemblement de la gauche et que nous refusons toute alliance avec le MODEM qui prône aujourd’hui une politique économique et sociale qui se situe aux antipodes de nos orientations.
La Gauche n’a jamais vaincu que lorsqu’elle était rassemblée. C’est à un grand rassemblement de la gauche que nous voulons œuvrer aujourd’hui, en évitant de multiplier les clivages artificiels. Dès aujourd’hui nous devons nous tourner vers nos partenaires traditionnels et engager avec eux une discussion sur la préparation des prochaines échéances électorales, et notamment des élections européennes.
L’Europe a beaucoup divisée la gauche, elle a même représenté une fracture majeure. Il faut qu’elle redevienne un sujet qui nous rassemble et nous permette de proposer ensemble un nouvel horizon européen Enfin, un programme de travail sur les trois années devra être arrêté rapidement. Il devra organiser notre réflexion pour aboutir à la rénovation du projet des socialistes dans ses trois dimensions – économie, société, Europe-. Il sera ponctué de grands rendez-vous (sur la réponse à la crise, sur le modèle de développement, sur la rénovation du parti, sur le projet de société…) donnant la parole aux militants et notamment de conventions. Il devra aussi être pensé en cohérence avec les grandes échéances électorales : les européennes en 2009, les régionales en 2010 et les cantonales de 2011.
C’est ainsi un Parti solidement campé sur ces valeurs de toujours, fort d’un projet profondément novateur, d’une emprise dans la société, au cœur d’une gauche solidaire, qui sera en ordre de marche pour affronter les échéances nationales de 2012.
Pour la Motion A : Bertrand Delanoë
Pour la Motion C : Benoît Hamon
Pour la Motion D : Martine Aubry
14:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le secrétariat national
Première Secrétaire : Martine Aubry
Secrétaire national chargé de la rénovation : Arnaud Montebourg
Conseiller politique auprès de la première secrétaire : François Lamy
Chargé de la coordination : Harlem Désir
Porte parole : Benoît Hamon
Conseiller pour les finances et la fiscalité : Didier Migaud
Conseiller auprès de la première secrétaire : Gilles Pargneaux
Conseiller aux relations avec les fondations et aux revues : Alain Bergounioux
Secrétariats thématiques
Culture : Sylvie Robert
Défense : Clotilde Valter
Droits de l’Homme : Pouria Amirshahi
Droits des Femmes : Zita Gurmaï
Économie : Michel Sapin
Éducation : Bruno Julliard
Enseignement supérieur / Recherche : Bertrand Monthubert
Environnement : Laurence Rossignol
Europe et Relations Internationales : Jean-Christophe Cambadélis
Formation professionnelle et sécurité sociale professionnelle : Pascale Gérard
Immigration : Sandrine Mazetier
Industrie et NTIC : Guillaume Bachelay
Justice : André Vallini
Libertés publiques et audiovisuel : Marie-Pierre de la Gontrie
Logement : Nathalie Perrin
Mouvement associatif et économie sociale et solidaire : Farida Boudaoud
Outre-Mer : En attente
Personnes âgées, handicap et dépendances : Charlotte Brun
Petite enfance : Sibeth N’Diaye
Politique de la Ville : Marianne Louis
Réforme de l’Etat et Collectivités territoriales : Élisabeth Guigou
Ruralité et mer : Germinal Peiro
Santé/sécurité sociale : Mireille Le Corre
Sécurité : Marisol Touraine
Service public : Razzy Hammadi
Sport : Brigitte Bourguignon
Transports : Cécile Ha Minh Tu
Travail et Emploi : Alain Vidalies
Secrétaire national : Patrick Bloche
Secrétariat organisationnel
Animation et développement des fédérations : Alain Fontanel
Communication : François Lamy
Élections, vie des fédérations : Christophe Borgel
Formation : Laurence Dumont
Organisation et adhésions : Pascale Boistard
Relations extérieures : Claude Bartolone
Trésorerie : Régis Juanico
Université permanente et d’été : Emmanuel Maurel
Laboratoire des Idées
Président : Christian Paul
Vice-Présidente : Lucile Schmid
Forum des territoires
Présidente : Marylise Lebranchu
Vice-Président « statut et missions des collectivités locales, finances locales » : Claudy Lebreton
Vice-Président « agir ensemble » : Olivier Dussopt
Vice-Président « échanges et pratiques des territoires » : Philippe Martin
12:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.12.2008
La composition de l'équipe Aubry
Autour de Martine Aubry, qui n’a pas nommé de numéro deux, se trouvent quatre dirigeants, sorte de «garde rapprochée»:
- l’eurodéputé Benoît Hamon, porte-parole, dont la motion avait obtenu 18,5% au Congrès de Reims;
- le député Arnaud Montebourg: secrétaire national chargé de la rénovation;
- le député François Lamy, bras droit de la maire de Lille, conseiller politique auprès de la première secrétaire;
- le député européen Harlem Désir, proche de Bertrand Delanoë, chargé de la coordination.
Les huit «secrétariats organisationnels», considérés comme régaliens, sont confiés notamment à des proches d’Aubry:
- François Lamy (à la communication), l
- e député Christophe Borgel (élections, vie des fédérations),
- Alain Fontanel, proche de Bertrand Delanoë (animation et développement des fédérations),
- le député fabiusien Claude Bartolone (relations extérieures),
- les proches de Hamon, Régis Juanico (trésorerie)
- et Pascale Boistard (Organisations et adhésion).
Parmi les 29 secrétariats «thématiques», sorte de Shadow Cabinet de Martine Aubry:
- les députés Michel Sapin (Economie),
- Jean-Christophe Cambadèlis (Europe et relations internationales),
- Elisabeth Guigou (réforme de l’Etat et collectivités territoriales),
- André Vallini (Justice),
- Alain Vidalies (Travail),
- Sandrine Mazetier (Immigration)
- ainsi que la vice-présidente de la région Picardie, Laurence Rossignol (Environnement).
On remarque également des proches de Benoît Hamon,
- Razzy Hammadi (service public) et
- Bruno Julliard (Education),
- et un proche de Laurent Fabius, Guillaume Bachelay (Industrie).
La première secrétaire s’est entourée de trois autres conseillers:
- Didier Migaud, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale (Finances et fiscalité),
- Gilles Pargneaux premier fédéral du Nord,
- et l’historien Alain Bergounioux (relations avec les Fondations)
Une nouvelle structure, le «laboratoire des idées», est présidée par
- le député Christian Paul.
Autre innovation, le «Forum des territoires» est présidé par
- la députée Marylise Lebranchu, proche d'Aubry.
19:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.12.2008
David Lebon, l'atout jeune de Martine Aubry
http://www.mediapart.fr/journal/france/051208/david-lebon-l-atout-jeune-de-martine-aubry
À l'heure où l'on rencontre David Lebon, il ne sait pas encore quelle sera sa place dans le nouvel organigramme de la direction socialiste. Ce mercredi 3 décembre, les négociations entre Martine Aubry et les autres courants du PS vont bon train et semblent déjà ne pouvoir aboutir que dans les dernières heures du premier conseil national du parti, qui se réunit samedi. Lebon, lui, sait au moins qu'il en sera.
Trois mois de campagne durant, il a promené sa silhouette fluette et souriante à quelques mètres de la maire de Lille, sans que les journalistes ne fassent attention à lui. Jusqu'à la désormais fameuse commission de récolement des votes, chargée de valider l'ultime scrutin interne aussi serré que contesté, où il fut l'un des trois représentants d'Aubry. À 31 ans, sa présence dans une réunion aussi dramatique, où l'avenir du PS chancelant s'est joué, lui laisse pourtant «un souvenir amusé», sur lequel il ne souhaite pas épiloguer. Elle l'a tout de même mis sur le devant de la scène médiatique, un exercice qui ne l'excite pas plus que ça.
«S'il faut faire le jeune de service et être un secrétaire national qui passe bien à la télé, je le ferai sans problème, mais je ne sais pas si c'est là que je serai le plus utile au parti», explique celui qui se verrait bien au cabinet de la nouvelle première secrétaire à Solférino. Il y a encore quelques mois, il dit «avoir voulu arrêter avec la vie du parti, pour s'occuper de (s)a vie professionnelle» et se «consacrer à être un bon élu municipal». Finalement, il n'en a pas fini avec les rouages de l'appareil.
Bien que tout jeune au regard de la pyramide des âges socialiste, David Lebon est déjà un vieux briscard des arcanes roses. Première adhésion au parti en 1995, lors de la campagne présidentielle «et un débat contre une jeune chiraquienne au lycée, organisé avec l'aimable complicité des profs». Depuis, il a enchaîné toutes les organisations "proches du parti", fréquentant les directions de l'Unef, du MJS et de la mutuelle LMDE. «Je n'ai vraiment milité qu'après avoir eu ma licence d'histoire, vu que j'étais boursier et que je n'avais pas le droit à l'erreur avant», tempère-t-il. Avant de reconnaître: «Tout est allé assez vite ensuite.»
· De Hamon à Aubry
Président du syndicat étudiant Unef-Id à Tours à la fin des années 1990, il intègre vite la direction du réseau Nouvelle Gauche, patiemment construit par Benoît Hamon et ses proches depuis 1993. Puis c'est la présidence du Mouvement des jeunes socialistes, entre 2003 et 2005, qui achève de le former.
Il a rencontré Martine Aubry pour la première fois par l'intermédiaire de Benoît Hamon, alors son conseiller au ministère du travail. Lebon a ensuite été délégué à l'insertion professionnelle d'une Aubry secrétaire nationale aux affaires sociales. Ensemble, ils ont travaillé sur le projet "Eva", rendu public en 2006. La concrétisation d'une vieille revendication de l'Unef, l'allocation autonomie-jeunesse. Devenu contrat d'entrée dans la vie active, "Eva" aurait pu être l'un des dossiers phares du projet socialiste lors de la dernière présidentielle, avant d'être relégué aux oubliettes de l'histoire programmatique du parti.
De cette époque pas si lointaine, il garde un souvenir de respect mutuel: «C'est la dirigeante qui a le plus défendu l'autonomie du MJS à chaque fois qu'elle était menacée, notamment par Jospin. Elle ne nous voyait pas uniquement comme des chauffeurs de salle, mais aussi comme un laboratoire de renouvellement d'idées. Elle n'est pas dans l'instrumentalisation, et nous avons souvent été en accord, des 35h à la politique culturelle, en passant par le mariage homosexuel.» Pour autant, ce n'est que lors de l'été dernier qu'il s'est rapproché d'elle.
C'est le député François Lamy qui l'a recontacté. Un "aubryste" dont il est le collaborateur dans l'Essonne et «qui a une relation de confiance et d'amitié avec Martine, car il ne l'a pas oubliée lors de sa traversée du désert». Toujours proche de Hamon, Lebon choisit alors «de franchir le pas». «Je reste toujours attaché à Benoît, mais je pensais qu'il était trop tôt pour aller au bout. Pas du tout en raison de son âge, mais au regard du contexte. Face à la ligne sociale-démocrate dure de Delanoë et celle aventureuse de Ségolène Royal, j'estimais qu'on ne pouvait pas se permettre une candidature de témoignage. Martine était alors, à mon sens, la seule capable de pouvoir réancrer le parti à gauche.»
· «Le retour des triplés de la Madeleine»
Dans le dispositif de campagne interne, à défaut d'avoir pu convaincre d'un rassemblement «entre Martine et Benoît dès la motion», il va gérer l'animation du réseau Aubry dans les fédérations. «Stratégies de campagne, organisation des débats fédéraux, préparation des argumentaires. C'est mon défaut de formation du MJS: je suis surtout efficace en politique interne», sourit-il.
Il a quitté Hamon avec d'autres figures des jeunes générations socialistes, comme Gwenegan Bui (un autre ancien président du MJS) ou Mathieu Klein (conseiller général de Meurthe-et-Moselle). Et a bien fait attention «de ne pas taper sur les copains, qui s'en sont pourtant donné à cœur joie contre Martine, en disant que c'était eux la gauche ou le renouveau. On a joué profil bas, soucieux de pouvoir se retrouver à la fin».
Cette expérience bien particulière du militantisme dans les organisations de jeunesse, il ne la renie pas. Même s'il entend les critiques de "pouponnières à apparatchik". «Julien Dray aime à parler d'école du vice, et il s'y connaît dans le genre! C'est vrai qu'on y apprend la maîtrise d'un appareil, le compromis politique comme le rapport de force. Mais c'est aussi le plus bel outil de formation intellectuelle et idéologique, si on décide d'y travailler et non pas seulement d'en faire un marche-pied électoraliste.»
À la fin de son mandat, il a refusé le parachutage traditionnel du président du MJS sortant, qu'il appelle «le fameux "Où est-ce que tu veux aller?"». Il est revenu faire de la politique chez lui. À Chartres. «J'étais sur la liste de la région grand-centre aux européennes de 2004, puis je suis retourné y habiter en 2005.» Chartres, la ville où il s'est installé à l'âge de 9 ans, en provenance des Dom-Tom. Là où il a grandi, dans le quartier populaire de la Madeleine.
Fils d'un militaire réunionnais, décédé quand il est au collège, David Lebon a été élevé avec ses frère et sœur jumeaux par sa mère aide-soignante. Quand il évoque son rôle de chef de l'opposition municipale, il ne cache pas sa fierté. «Faire une réunion publique dans mon ancienne école primaire, ça avait du sens pour moi. C'était le retour des triplés de la Madeleine. Mes voisins de l'époque avaient l'air fiers et me disaient: "Ça prouve qu'il y a des choses biens qui peuvent sortir du quartier." Attention, c'est pas du tout le Bronx! Mais c'est une ZUP, où la vie n'est pas facile tous les jours.»
· Les affres de la politique locale
À Chartres, trois ans durant, il a appris la dureté et les affres de la politique locale, dans une section en quête de leaders après la perte de la ville. «Il y avait plein de prétendants, et aucun qui ne s'imposait vraiment.» Les rivalités internes, les erreurs de communication dans la presse, les invalidations électorales sont le nouveau quotidien de l'enfant du pays devenu grand.
«On m'a accusé d'être un ambitieux ou un manipulateur, raconte-t-il. J'avais la fédération proche de Royal contre moi. On ne peut pas dire que ça a été facile. Je n'étais pourtant pas alors dans la quête d'un poste à tout prix. La seule fois où j'ai vraiment demandé une place, c'était celle de n°2 aux municipales en 2007. Et je ne l'ai pas eue. On me trouvait trop jeune.»
De cette campagne «où l'on n'a pas su prendre le dessus politiquement», il assume l'accord avec le MoDem dans l'entre-deux tours. «Une logique de front républicain face à un UMP "pas classique", très "droite dure" [Jean-Pierre Gorges]», justifie-t-il. Cette alliance était alors «la seule chance désespérée pour gagner, mais elle ne faisait plaisir à personne», explique-t-il.
Comme sa championne à Lille, il l'assume pleinement, malgré leur refus d'un accord national avec François Bayrou.
«On nous cherche des poux là-dessus, mais je suis désolé, il y a des MoDem locaux qui sont de centre-gauche quand Bayrou est encore clairement de centre-droit! À Chartres, leur programme était sans ambiguïté, sur les questions sociales ou écologiques. Et à Lille, ce sont des cathos de gauche qui ont sans cesse été refoulés par les socialistes laïcards du Nord. Dans plein d'endroits, les mecs du MoDem sont des anciens camarades déçus. Il faudra voir si Bayrou en tient compte au niveau national.»
Il sera ensuite suppléant aux législatives, «la place du con pour un ambitieux», ironise-t-il. Puis, après l'inéligibilité de la députée Françoise Vallet, il se lance et est «investi dès le premier tour par la section comme candidat à la législative partielle. Il faut dire qu'elle a été renouvelée à 80% par les nouveaux adhérents à 20 euros. Ici au moins, on a su les conserver…»
Cette élection partielle, en plein mois de juillet, sera pour lui l'occasion de mener une campagne «offensive à gauche, avec des meetings ayant de la tenue». Son frère jumeau vient l'aider. «On n'a jamais triché, mais c'est vrai que la droite se demandait comment je faisais pour être sur deux marchés de la circonscription en même temps», rigole-t-il. Il échoue de 500 voix, un score pas ridicule vu le marasme local à gauche. Il pense avoir désormais «avoir acquis une légitimité».
· «Une machine de guerre électorale»?
À Chartres, la section est désormais dirigée par un proche, Mohammed Biyadi. Une réponse à ceux qui raillent le peu de diversité autour de Martine Aubry? S'il s'amuse en rappelant qu'à son arrivée en France, il était «bien plus bronzé qu'aujourd'hui», il rétorque: «Plutôt que de faire exister la diversité à la direction nationale, c'est dans les instances locales que le parti devrait faire un effort.» Avec moult précautions, il précise son doute face à «une "diversité à la Sarkozy", où les représentants "visibles" se créent des imaginaires populaires».
Selon lui, «si le PS s'occupait de promouvoir ceux qui viennent de milieux modestes, de faire entrer à l'Assemblée des gens issus des quartiers populaires, il y aurait forcément des Noirs et des Arabes dedans». Dans les discussions sur la refonte de l'organisation prévue par l'équipe Aubry, il plaide pour une reconnaissance dans les instances locales des militants issus de l'immigration. «Il faut recréer des outils de légitimation locale, afin de transformer nationalement le parti.»
Lebon a quelques idées sur cette fameuse rénovation du PS, à laquelle lui et ses amis ont réfléchi «pendant six ans de minorité dans le parti». Il n'en peut plus de «cette usine à gaz, où même si les secrétaires nationaux bossaient, personne n'en rend compte, tant les fédérations sont coupées de Solférino et les militants privés d'influence sur la ligne nationale».
Face à cette «déviance "rad-soc"» de la fin de mandat de Hollande, il estime «normal que l'idée d'un parti de supporters puisse séduire aujourd'hui, car c'est finalement là que le militant serait le plus respecté».
Regrettant que «chaque courant possède son propre think-tank, [parce que] ça fragmente la réflexion», il aimerait «une décentralisation de la réflexion militante, afin que tous les adhérents qui le veulent soient utiles au parti». Et de souligner que «la démocratie participative est aussi une spécialité de Martine Aubry, à Lille».
Lebon voudrait également que l'on s'inspire «de la professionnalisation des permanents fédéraux, comme en Allemagne ou en Espagne». «Ne serait-ce que relayer efficacement les campagnes nationales, c'est un vrai boulot qui éviterait de jeter l'argent par les fenêtres!», considère celui qui s'y connaît en "emplois politiques" (il a aussi été collaborateur à mi-temps du député Patrick Bloche et du sénateur de Paris, David Assouline, de 2004 à avril 2008).
Il se dit «exaspéré» par le débat sur une adhésion à 20 euros. Il préfère le système actuel, basé sur la péréquation des revenus. «Dans 3/4 des sections, estime-t-il, les RMIstes et les chômeurs paient beaucoup moins, car ceux qui gagnent bien leur vie payent beaucoup plus.»
Enfin, il compte influer autant qu'il le pourra dans le staff Aubry, afin que «le parti redevienne une machine de guerre électorale, en développant des bonnes pratiques». Et de citer son propre exemple: «Lors de ma campagne à la législative partielle, en plein été, j'étais tout seul dans mon coin, sans aucune aide de Solférino. J'ai activé mes réseaux et me suis débrouillé pour faire venir des figures nationales du parti. À l'avenir, tout candidat devrait pouvoir consulter un expert-comptable ou un conseiller juridique, être aidé pour sa campagne, voire pour sa communication…»
Sitôt l'entretien terminé, David Lebon a rebranché son mobile bourré de messages en retournant à Solférino, pour participer à la délicate composition de la nouvelle direction socialiste. Il ne sait pas quel sera son sort, mais il en sera.
18:59 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
David Lebon, l'atout jeune de Martine Aubry
À l'heure où l'on rencontre David Lebon, il ne sait pas encore quelle sera sa place dans le nouvel organigramme de la direction socialiste. Ce mercredi 3 décembre, les négociations entre Martine Aubry et les autres courants du PS vont bon train et semblent déjà ne pouvoir aboutir que dans les dernières heures du premier conseil national du parti, qui se réunit samedi. Lebon, lui, sait au moins qu'il en sera.
Trois mois de campagne durant, il a promené sa silhouette fluette et souriante à quelques mètres de la maire de Lille, sans que les journalistes ne fassent attention à lui. Jusqu'à la désormais fameuse commission de récolement des votes, chargée de valider l'ultime scrutin interne aussi serré que contesté, où il fut l'un des trois représentants d'Aubry. À 31 ans, sa présence dans une réunion aussi dramatique, où l'avenir du PS chancelant s'est joué, lui laisse pourtant «un souvenir amusé», sur lequel il ne souhaite pas épiloguer. Elle l'a tout de même mis sur le devant de la scène médiatique, un exercice qui ne l'excite pas plus que ça.
«S'il faut faire le jeune de service et être un secrétaire national qui passe bien à la télé, je le ferai sans problème, mais je ne sais pas si c'est là que je serai le plus utile au parti», explique celui qui se verrait bien au cabinet de la nouvelle première secrétaire à Solférino. Il y a encore quelques mois, il dit «avoir voulu arrêter avec la vie du parti, pour s'occuper de (s)a vie professionnelle» et se «consacrer à être un bon élu municipal». Finalement, il n'en a pas fini avec les rouages de l'appareil.
Bien que tout jeune au regard de la pyramide des âges socialiste, David Lebon est déjà un vieux briscard des arcanes roses. Première adhésion au parti en 1995, lors de la campagne présidentielle «et un débat contre une jeune chiraquienne au lycée, organisé avec l'aimable complicité des profs». Depuis, il a enchaîné toutes les organisations "proches du parti", fréquentant les directions de l'Unef, du MJS et de la mutuelle LMDE. «Je n'ai vraiment milité qu'après avoir eu ma licence d'histoire, vu que j'étais boursier et que je n'avais pas le droit à l'erreur avant», tempère-t-il. Avant de reconnaître: «Tout est allé assez vite ensuite.»
· De Hamon à Aubry
Président du syndicat étudiant Unef-Id à Tours à la fin des années 1990, il intègre vite la direction du réseau Nouvelle Gauche, patiemment construit par Benoît Hamon et ses proches depuis 1993. Puis c'est la présidence du Mouvement des jeunes socialistes, entre 2003 et 2005, qui achève de le former.
Il a rencontré Martine Aubry pour la première fois par l'intermédiaire de Benoît Hamon, alors son conseiller au ministère du travail. Lebon a ensuite été délégué à l'insertion professionnelle d'une Aubry secrétaire nationale aux affaires sociales. Ensemble, ils ont travaillé sur le projet "Eva", rendu public en 2006. La concrétisation d'une vieille revendication de l'Unef, l'allocation autonomie-jeunesse. Devenu contrat d'entrée dans la vie active, "Eva" aurait pu être l'un des dossiers phares du projet socialiste lors de la dernière présidentielle, avant d'être relégué aux oubliettes de l'histoire programmatique du parti.
De cette époque pas si lointaine, il garde un souvenir de respect mutuel: «C'est la dirigeante qui a le plus défendu l'autonomie du MJS à chaque fois qu'elle était menacée, notamment par Jospin. Elle ne nous voyait pas uniquement comme des chauffeurs de salle, mais aussi comme un laboratoire de renouvellement d'idées. Elle n'est pas dans l'instrumentalisation, et nous avons souvent été en accord, des 35h à la politique culturelle, en passant par le mariage homosexuel.» Pour autant, ce n'est que lors de l'été dernier qu'il s'est rapproché d'elle.
C'est le député François Lamy qui l'a recontacté. Un "aubryste" dont il est le collaborateur dans l'Essonne et «qui a une relation de confiance et d'amitié avec Martine, car il ne l'a pas oubliée lors de sa traversée du désert». Toujours proche de Hamon, Lebon choisit alors «de franchir le pas». «Je reste toujours attaché à Benoît, mais je pensais qu'il était trop tôt pour aller au bout. Pas du tout en raison de son âge, mais au regard du contexte. Face à la ligne sociale-démocrate dure de Delanoë et celle aventureuse de Ségolène Royal, j'estimais qu'on ne pouvait pas se permettre une candidature de témoignage. Martine était alors, à mon sens, la seule capable de pouvoir réancrer le parti à gauche.»
· «Le retour des triplés de la Madeleine»
Dans le dispositif de campagne interne, à défaut d'avoir pu convaincre d'un rassemblement «entre Martine et Benoît dès la motion», il va gérer l'animation du réseau Aubry dans les fédérations. «Stratégies de campagne, organisation des débats fédéraux, préparation des argumentaires. C'est mon défaut de formation du MJS: je suis surtout efficace en politique interne», sourit-il.
Il a quitté Hamon avec d'autres figures des jeunes générations socialistes, comme Gwenegan Bui (un autre ancien président du MJS) ou Mathieu Klein (conseiller général de Meurthe-et-Moselle). Et a bien fait attention «de ne pas taper sur les copains, qui s'en sont pourtant donné à cœur joie contre Martine, en disant que c'était eux la gauche ou le renouveau. On a joué profil bas, soucieux de pouvoir se retrouver à la fin».
Cette expérience bien particulière du militantisme dans les organisations de jeunesse, il ne la renie pas. Même s'il entend les critiques de "pouponnières à apparatchik". «Julien Dray aime à parler d'école du vice, et il s'y connaît dans le genre! C'est vrai qu'on y apprend la maîtrise d'un appareil, le compromis politique comme le rapport de force. Mais c'est aussi le plus bel outil de formation intellectuelle et idéologique, si on décide d'y travailler et non pas seulement d'en faire un marche-pied électoraliste.»
À la fin de son mandat, il a refusé le parachutage traditionnel du président du MJS sortant, qu'il appelle «le fameux "Où est-ce que tu veux aller?"». Il est revenu faire de la politique chez lui. À Chartres. «J'étais sur la liste de la région grand-centre aux européennes de 2004, puis je suis retourné y habiter en 2005.» Chartres, la ville où il s'est installé à l'âge de 9 ans, en provenance des Dom-Tom. Là où il a grandi, dans le quartier populaire de la Madeleine.
Fils d'un militaire réunionnais, décédé quand il est au collège, David Lebon a été élevé avec ses frère et sœur jumeaux par sa mère aide-soignante. Quand il évoque son rôle de chef de l'opposition municipale, il ne cache pas sa fierté. «Faire une réunion publique dans mon ancienne école primaire, ça avait du sens pour moi. C'était le retour des triplés de la Madeleine. Mes voisins de l'époque avaient l'air fiers et me disaient: "Ça prouve qu'il y a des choses biens qui peuvent sortir du quartier." Attention, c'est pas du tout le Bronx! Mais c'est une ZUP, où la vie n'est pas facile tous les jours.»
· Les affres de la politique locale
À Chartres, trois ans durant, il a appris la dureté et les affres de la politique locale, dans une section en quête de leaders après la perte de la ville. «Il y avait plein de prétendants, et aucun qui ne s'imposait vraiment.» Les rivalités internes, les erreurs de communication dans la presse, les invalidations électorales sont le nouveau quotidien de l'enfant du pays devenu grand.
«On m'a accusé d'être un ambitieux ou un manipulateur, raconte-t-il. J'avais la fédération proche de Royal contre moi. On ne peut pas dire que ça a été facile. Je n'étais pourtant pas alors dans la quête d'un poste à tout prix. La seule fois où j'ai vraiment demandé une place, c'était celle de n°2 aux municipales en 2007. Et je ne l'ai pas eue. On me trouvait trop jeune.»
De cette campagne «où l'on n'a pas su prendre le dessus politiquement», il assume l'accord avec le MoDem dans l'entre-deux tours. «Une logique de front républicain face à un UMP "pas classique", très "droite dure" [Jean-Pierre Gorges]», justifie-t-il. Cette alliance était alors «la seule chance désespérée pour gagner, mais elle ne faisait plaisir à personne», explique-t-il.
Comme sa championne à Lille, il l'assume pleinement, malgré leur refus d'un accord national avec François Bayrou.
«On nous cherche des poux là-dessus, mais je suis désolé, il y a des MoDem locaux qui sont de centre-gauche quand Bayrou est encore clairement de centre-droit! À Chartres, leur programme était sans ambiguïté, sur les questions sociales ou écologiques. Et à Lille, ce sont des cathos de gauche qui ont sans cesse été refoulés par les socialistes laïcards du Nord. Dans plein d'endroits, les mecs du MoDem sont des anciens camarades déçus. Il faudra voir si Bayrou en tient compte au niveau national.»
Il sera ensuite suppléant aux législatives, «la place du con pour un ambitieux», ironise-t-il. Puis, après l'inéligibilité de la députée Françoise Vallet, il se lance et est «investi dès le premier tour par la section comme candidat à la législative partielle. Il faut dire qu'elle a été renouvelée à 80% par les nouveaux adhérents à 20 euros. Ici au moins, on a su les conserver…»
Cette élection partielle, en plein mois de juillet, sera pour lui l'occasion de mener une campagne «offensive à gauche, avec des meetings ayant de la tenue». Son frère jumeau vient l'aider. «On n'a jamais triché, mais c'est vrai que la droite se demandait comment je faisais pour être sur deux marchés de la circonscription en même temps», rigole-t-il. Il échoue de 500 voix, un score pas ridicule vu le marasme local à gauche. Il pense avoir désormais «avoir acquis une légitimité».
· «Une machine de guerre électorale»?
À Chartres, la section est désormais dirigée par un proche, Mohammed Biyadi. Une réponse à ceux qui raillent le peu de diversité autour de Martine Aubry? S'il s'amuse en rappelant qu'à son arrivée en France, il était «bien plus bronzé qu'aujourd'hui», il rétorque: «Plutôt que de faire exister la diversité à la direction nationale, c'est dans les instances locales que le parti devrait faire un effort.» Avec moult précautions, il précise son doute face à «une "diversité à la Sarkozy", où les représentants "visibles" se créent des imaginaires populaires».
Selon lui, «si le PS s'occupait de promouvoir ceux qui viennent de milieux modestes, de faire entrer à l'Assemblée des gens issus des quartiers populaires, il y aurait forcément des Noirs et des Arabes dedans». Dans les discussions sur la refonte de l'organisation prévue par l'équipe Aubry, il plaide pour une reconnaissance dans les instances locales des militants issus de l'immigration. «Il faut recréer des outils de légitimation locale, afin de transformer nationalement le parti.»
Lebon a quelques idées sur cette fameuse rénovation du PS, à laquelle lui et ses amis ont réfléchi «pendant six ans de minorité dans le parti». Il n'en peut plus de «cette usine à gaz, où même si les secrétaires nationaux bossaient, personne n'en rend compte, tant les fédérations sont coupées de Solférino et les militants privés d'influence sur la ligne nationale».
Face à cette «déviance "rad-soc"» de la fin de mandat de Hollande, il estime «normal que l'idée d'un parti de supporters puisse séduire aujourd'hui, car c'est finalement là que le militant serait le plus respecté».
Regrettant que «chaque courant possède son propre think-tank, [parce que] ça fragmente la réflexion», il aimerait «une décentralisation de la réflexion militante, afin que tous les adhérents qui le veulent soient utiles au parti». Et de souligner que «la démocratie participative est aussi une spécialité de Martine Aubry, à Lille».
Lebon voudrait également que l'on s'inspire «de la professionnalisation des permanents fédéraux, comme en Allemagne ou en Espagne». «Ne serait-ce que relayer efficacement les campagnes nationales, c'est un vrai boulot qui éviterait de jeter l'argent par les fenêtres!», considère celui qui s'y connaît en "emplois politiques" (il a aussi été collaborateur à mi-temps du député Patrick Bloche et du sénateur de Paris, David Assouline, de 2004 à avril 2008).
Il se dit «exaspéré» par le débat sur une adhésion à 20 euros. Il préfère le système actuel, basé sur la péréquation des revenus. «Dans 3/4 des sections, estime-t-il, les RMIstes et les chômeurs paient beaucoup moins, car ceux qui gagnent bien leur vie payent beaucoup plus.»
Enfin, il compte influer autant qu'il le pourra dans le staff Aubry, afin que «le parti redevienne une machine de guerre électorale, en développant des bonnes pratiques». Et de citer son propre exemple: «Lors de ma campagne à la législative partielle, en plein été, j'étais tout seul dans mon coin, sans aucune aide de Solférino. J'ai activé mes réseaux et me suis débrouillé pour faire venir des figures nationales du parti. À l'avenir, tout candidat devrait pouvoir consulter un expert-comptable ou un conseiller juridique, être aidé pour sa campagne, voire pour sa communication…»
Sitôt l'entretien terminé, David Lebon a rebranché son mobile bourré de messages en retournant à Solférino, pour participer à la délicate composition de la nouvelle direction socialiste. Il ne sait pas quel sera son sort, mais il en sera.
18:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.12.2008
Direction PS: Aubry compose avec ses alliés et veut rallier Royal
PARIS (AFP) — Martine Aubry qui annoncera samedi son équipe dirigeante, poursuivait mercredi ses pourparlers pour finaliser la feuille de route du PS, avec comme défis de composer avec ses alliés et de rallier les amis de Ségolène Royal, qui réclament une place éminente dans le parti.
A trois jours du Conseil national (parlement) du PS qui doit entériner la nouvelle direction, un projet "d'orientations politiques 2008-2011", est déjà sur la table, qui devrait être amendé puis finalisé après d'ultimes rencontres avec les proches de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon, les alliés de la nouvelle première secrétaire.
Mme Aubry devait rencontrer Benoît Hamon mercredi soir, selon un proche de l'eurodéputé pour qui, "a ce stade, le texte ne paraît pas encore à la hauteur de l'ambition qu'on s'est fixée".
Un accord sur ce document est indispensable puisque le Congrès de Reims s'est achevé sur un échec à la mi-novembre sans adopter de motion de synthèse.
Ce projet de treize pages, dont l'AFP a obtenu une copie, constituerait la "feuille de route des instances" du parti jusqu'au prochain congrès.
Il propose notamment un "nouveau modèle de développement"- avec une puissance publique "réarmée- et une société plus solidaire.
Sur l'Europe, le texte se réfère au "manifesto" adopté lundi à Madrid par le Parti socialiste européen (PSE) et prône un "projet alternatif" avec une réforme des marchés financiers, de grands projets d'investissements, un renforcement du budget européen, une politique commerciale de "juste échange".
"Faire renaître le Parti socialiste" est aussi une des ambitions majeures du projet: il propose le maintien de la "proportionnalité" pour les cotisations - alors que Mme Royal demandait des adhésions à 10 ou 20 euros- mais reconnaît la nécessité d'être "plus proches" des sympathisants et électeurs.
Côté alliances, le texte reste fidèle à la stratégie d'union de la gauche et préconise "un contrat politique" avec les partis de gauche et les Verts, sans évoquer un rapprochement avec le MoDem que prône Mme Royal.
Ce document doit être soumis à l'équipe Royal jeudi ou vendredi.
Liées au texte, les négociations portent aussi sur le casting de la direction: compte tenu du nombre pléthorique de candidats au poste de numéro deux, Mme Aubry pourrait opter pour la suppression pure et simple de cette fonction, indique une source proche des négociations.
A Benoît Hamon on propose d'être porte-parole, tandis qu'Harlem Désir, proche du maire de Paris, serait chargé de la coordination.
La direction sera resserrée: les quelque 150 membres de la direction - secrétaires et responsables nationaux - de l'ère Hollande seront ramenés à une soixantaine.
Le défi majeur pour Aubry est d'arriver à un accord avec l'équipe Royal pour éviter que le parti ne soit coupé en deux. Proche de Mme Aubry, la députée Marylise Lebranchu a exclu un partage 50/50 avec l'équipe Royal.
"Nous n'avons jamais demandé 50% des postes, la discussion portera sur l'orientation", affirme un proche de l'ex-candidate à la présidentielle qui s'étonne de la démarche de la première secrétaire, affirmant qu'elle les a "écartés" jusqu'ici des discussions sur le texte.
"Nous voulons, du point de vue quantitatif et qualitatif, prendre toute notre place", souligne un autre proche de Mme Royal. "C'est à Martine Aubry de créer les conditions d'un rassemblement sur le fond et sur la direction. Nous ne sommes ni une minorité ni une opposition dans le parti, nous sommes la première force", insiste-t-il.
20:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


