25.11.2008
MINUTE PAR MINUTE - PS : victoire d'Aubry, le camp Royal veut un nouveau vote
Par Charlotte Chaffanjon (avec agence)
Martine Aubry succède à François Hollande à la tête du Parti socialiste après une journée riche en rebondissements. lepoint.fr vous propose de vivre minute par minute les événements de mardi.
18h57. Nouveau scrutin. David Assouline et Vincent Peillon, des proches de Ségolène Royal, réclament une nouvelle fois un nouveau scrutin après la proclamation de la victoire de Martine Aubry.
18 h 30. EN DIRECT DU PS. 102 voix d'avance pour Martine Aubry. François Hollande ouvre le conseil national du PS qui doit "proclamer le résultat d'un vote sur la base du récolement des suffrages (du second tour contesté de l'élection du premier secrétaire du PS) remontés des fédérations". "C'est la dernière, mais vraiment la dernière fois, que je m'adresse à une instance du PS, en l'occurrence le Parlement, en tant que premier secrétaire", lance le patron sortant, usé, qui fait donc sa sortie en pleine guerre des tranchées entre les camps de Martine Aubry et de Ségolène Royal. "Il n'y a pas un bloc contre un bloc, il n'y a pas deux partis socialistes, il y a un parti qui veut vivre ensemble", affirme-t-il. "Ce résultat ne pourra évidemment pas satisfaire tout le monde", consent le président de la commission de récolement Daniel Vaillant, qui passe la parole au secrétaire national aux fédérations Kader Arif, chargé de la lourde tâche d'annoncer les conclusions de la commission de récolement : "Pour Martine Aubry : 67.451 voix, pour Ségolène Royal 67.349 voix", soit 102 voix d'avance pour Martine Aubry
18 h 25 . EN DIRECT DU PS . Contestation. Manuels Valls fait savoir que les ségolénistes voteront contre le rapport de la commission de récolement, qui attribue 102 voix d'avance à Martine Aubry face à Ségolène Royal.
18 h 20. Hollande. François Hollande, le président sortant, s'exprime actuellement devant la presse.
18 heures. Martine Aubry en tête. De l'aveu même de l'entourage de Ségolène Royal, la commission chargée de statuer sur les litiges concernant l'élection au poste de premier secrétaire du Parti socialiste devrait conclure à la victoire de Martine Aubry avec 102 voix d'avance sur Ségolène Royal. L'information a été confirmée par le camp Aubry.
16 h 50. Revoter. L'ancien ministre de la Justice socialiste Robert Badinter propose de "revoter" pour le poste de chef du parti uniquement là où il y a litige, et d'instituer une "commission de sages". "J'ai rappelé au groupe que c'était une matière de contentieux électoral, qu'il fallait que les choses soient aussi claires que possible selon les principes d'une jurisprudence du conseil d'État et du conseil constitutionnel en matière de contentieux d'élection."
16 h 20. EN DIRECT DU PS. Patrick Menucci, Julien Dray, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, François Hollande : le ballet des arrivées se poursuit à La Mutualité. "J'ai toujours été un premier secrétaire qui rassemblait, qui faisait des synthèses et je dis à mon sucesseur d'avoir la même démarche, le même objectif", déclare François Hollande. "Le futur premier secrétaire n'aura pas de légitimité sans nouveau vote, que ce soit Royal ou Aubry, et même avec dix points d'avance", martèle Jean-Louis Bianco, ségoléniste convaincu.
15 h 57. Intelligence politique collective. Le président du groupe PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, lance mardi, lors de la réunion de son groupe, un appel "à la sérénité, au dialogue et à l'intelligence politique collective afin de surmonter la crise que traverse le Parti socialiste". "Face à la crise sans précédent que traverse le monde, au moment où de très nombreux Français subissent le contrecoup de la politique gouvernementale et souffrent dans leur vie quotidienne, le Parti socialiste doit vite passer à l'étape suivante : s'adresser aux Français, les écouter et répondre à leurs préoccupations (...) Pour ce faire, les socialistes doivent être rassemblés et combatifs."
15 h 50. EN DIRECT DU PS. "Il ne suffit pas de dire qu'il y a fraude". Devant la salle de la Mutualité, à Paris, le bras droit de Martine Aubry, François Lamy affiche "sa sérénitude", alors que la commission de récolement, sorte de "tribunal administratif" interne, achève de passer au crible les contentieux du second tour que dénonce l'équipe de Ségolène Royal. "C'est l'élection interne la mieux organisée que nous ayons faite", ose même Lamy, avouant néanmoins "qu'il y a eu certainement quelques difficultés", mais qui ne valent pas "qu'on entache l'ensemble du scrutin". Interrogé sur la demande officielle d'annulation du vote déposée ce matin par les proches de Ségolène Royal, Lamy balaye : "Il y a des gens qui, depuis quatre jours, crient à la fraude sans le moindre élément de preuve. S'ils ont des preuves, ils vont les montrer, mais il ne suffit pas de dire qu'il y a fraude pour qu'il y ait fraude." En outre, le député de l'Essonne affirme que, "quoi qu'il arrive", les aubryistes voteront le rapport de la commission de récolement. "C'est respecter le parti, notre outil commun."
15 h 15. EN DIRECT DU PS. Martine Aubry. Après être allée soutenir avec Benoît Hamon les salariés de France Télévisions qui manifestent près la tour Eiffel, Martine Aubry arrive à La Mutualité accompagnée de son bras droit François Lamy, sans faire la moindre déclaration.
14 h 15. EN DIRECT DU PS. Reprise des travaux. La commission de récolement, chargée de vérifier les procès-verbaux des fédérations pour l'élection du premier secrétaire du PS, reprennent à la Mutualité (5e arrondissement de Paris). Un changement de dernière minute, puisque ces travaux devaient normalement se dérouler au siège du Parti socialiste, rue de Solférino (7e arrondissement de Paris).
14 heures. EN DIRECT DU PS. La colère d'un militant. Devant le siège du PS rue de Solferino, un militant parisien exprime sa rage d'assister, impuissant, à la furieuse bataille que se livrent les dirigeants socialistes. "Le parti doit trouver une autre voie, à gauche et non pas vers la droite. Benoît Hamon doit être premier secrétaire du PS", lance-t-il au point.fr.
13 h 56. Détente. "À quelques heures de la validation des résultats tels qu'ils auront été constatés par la commission de notre parti, je souhaite très solennellement dire que quel que soit ce résultat, je l'accepterai", assure Martine Aubry dans une brève déclaration écrite. "Dans tous les cas, je travaillerai au rassemblement de tous les socialistes, quelle que soit leur sensibilité", conclut-elle.
13 h 33. "Bobard médiatique". Le fabiusien Claude Bartolone, soutien de Martine Aubry, accuse mardi le bras droit de Ségolène Royal, Vincent Peillon, de "faire de l'intox" en annonçant qu'il n'y a "plus que quatre voix" d'écart entre les deux candidates à la direction du PS. "Je crois qu'il se trompe, j'en suis sûr", et "je préfère penser que ce n'est qu'une erreur de sa part", déclare-t-il sur France Info. Selon lui, dire, comme M. Peillon, qu'il y a suspicion sur plusieurs centaines ou milliers de voix "relève du bobard médiatique". "Il faut qu'on sorte de ce mauvais feuilleton et que tout le monde retrouve son calme."
13 h 29. EN DIRECT DU PS. "Royal ira au bout". Malek Boutih, secrétaire national du Parti socialiste, proche de François Hollande, déclare au point.fr que les cadres du Parti socialiste "se trompent". "Ils n'avaient pas imaginé une seule seconde la force que Ségolène Royal a auprès des militants." Pour l'ancien président de SOS racisme, cela ne fait aucune doute : "Il y a eu de la triche (...) J'ai vu comment la situation s'est retournée pendant la nuit." Malek Boutih, qui était resté en retrait pendant toute la campagne pour la succession de François Hollande, assure que "la décision qui sera prise tout à l'heure [par le Conseil national, ndlr] n'aura pas de valeur. La justice parlera." Le secrétaire national en est convaincu : "Ségolène Royal ira jusqu'au bout." Entendez "justice".
13 heures. A vendre sur Internet. Les déboires du Parti socialiste ont poussé un internaute à le mettre en vente sur eBay, la plus célèbre des plates-formes d'enchères en ligne ( lire notre article ). Depuis la mise en vente du PS, le 16 novembre, au prix de départ d'un euro, les chiffres se sont envolés, passant de 102 euros ce matin à dix millions d'euros. L'enchère prendra fin mercredi soir à 23 h 18.
12 h 40. Politique de la terre brûlée. Le député Jean-Christophe Cambadélis, soutien de Martine Aubry, dénonce une "politique de la terre brûlée" des partisans de Ségolène Royal. "Ils ne peuvent appeler les militants à se jeter les uns contre les autres dans la rue" ni "s'en remettre à la justice pour désigner la première secrétaire". "Ils ne peuvent laisser croire qu'il y a eu de la triche parce que, dans cette ultime consultation, Ségolène Royal a perdu", insiste-t-il.
12 h 20. Annuler le scrutin ? Les représentants de Ségolène Royal à la commission chargée de vérifier les votes militants socialistes demandent officiellement au Conseil national, prévu mardi, l'annulation du scrutin du 21 novembre. "Le déroulement des opérations électorales a fait naître une profonde indignation, compte tenu du nombre des irrégularités constatées et du faible écart de voix entre les deux candidates, Ségolène Royal et Martine Aubry. De nombreuses irrégularités, quelques-unes faisant peser des soupçons sur les intentions réelles de leurs auteurs, pouvant s'apparenter à des fraudes, ont été constatées dans le cadre de ces opérations de vote", écrivent-ils dans un document de "protestation électorale" transmis à Daniel Vaillant, président de la commission de récolement du PS ( cliquez ici pour lire le document ). Pour le clan Royal, ces irrégularités seraient "constitutives de manoeuvres altérant la sincérité du scrutin". En conséquence, ils demandent "au Conseil national d'annuler le scrutin du 21 novembre 2008", qui a donné la victoire par 42 voix à la maire de Lille.
10 h 50 : Le rêve d'Ayrault. Le chef de file des députés PS Jean-Marc Ayrault veut que Ségolène Royal et Martine Aubry "se parlent, que l'une et l'autre se tendent la main". Un voeu pieux, quand on voit que chaque camp creuse les tranchées d'une guerre qui s'annonce sans merci. "Il faut s'arrêter, faire cesser un feuilleton totalement ridicule. Il faut que l'on ne soit pas dans cette course en avant de l'invective et de la provocation réciproque. Il faut aujourd'hui qu'une solution soit trouvée et que soit ratifiée l'élection d'une première secrétaire du PS", avance ce soutien de la motion Delanoë, contredisant ainsi les partisans de Royal. "Demain, celle qui dirigera le Parti socialiste ne pourra pas le faire sans associer les autres", clame-t-il.
9 h 20. "Quatre voix d'écart" d'après Peillon. Martine Aubry et Ségolène Royal sont quasiment à égalité. C'est du moins ce que soutient Vincent Peillon. "Après le premier travail de la commission hier [lundi, NDLR], il n'y a plus que quatre voix d'écart en faveur de Martine Aubry sur 135.000 votants", déclare-t-il sur France-Info. Ce très proche de l'ancienne candidate à la présidentielle regrette que la commission de récolement se soit "interrompue bizarrement à 17 heures" alors même "qu'il y a encore des suspicions sur plusieurs centaines ou milliers de voix". Pour l'eurodéputé, "il n'y aura pas de solution arithmétique" au contentieux entre les deux prétendantes à la tête du PS : c'est pour cela qu'il "faut donc renoncer à proclamer une nouvelle premier secrétaire" et "construire ensemble une procédure qui permette de revoter dans des conditions qui assureront la légitimité." Le PS doit "respecter l'État de droit et si ce n'est pas le cas, nous nous adresserons à la justice républicaine", met-il en garde.
8 h 30. Valls peut "démontrer les tricheries". Le lieutenant de l'ancienne candidate à la présidentielle n'en démord pas. Il répète que la présidente de Poitou-Charentes "a gagné". Alors que les discussions vont reprendre à 14 heures au sein de la commission de récolement , le député-maire d'Évry, qui "présente ses excuses aux militants" pour la cacophonie dans les rangs socialistes, assure être en capacité de "démontrer qu'il y a eu des erreurs manifestes, des tricheries". Il martèle que "personne ne peut asseoir sa légitimité sur une telle confusion (...), Ségolène Royal elle-même a dit que si elle était proclamée vainqueur de quelques voix, elle referait un vote". Très remonté, Manuel Valls promet qu'en cas de confirmation de la victoire de Martine Aubry, mardi soir, le camp Royal "continuera à se battre pour ses idées, et nous irons devant les tribunaux. Les règles de droit s'appliquent, y compris au PS".
22 heures. Les aubrystes dénoncent un "putsch médiatique". François Lamy, le bras droit de la maire de Lille, ne goûte pas les menaces de François Rebsamen. "C'est un putsch médiatique. Des déclarations très graves, indignes de celui qui a été numéro deux du PS pendant six ans. (...) Appeler à une manifestation et poser des ultimatums, ce n'est pas digne. (...) Je l'appelle à la raison et à la responsabilité, il doit respecter les instances de son parti et le vote des militants", s'emporte le député de l'Essonne.
21 heures. Les ségolénistes appellent à manifester. Les partisans de Ségolène Royal menacent de "saisir la justice" et d'appeler à une manifestation devant le siège du PS, rue de Solférino, si la commission de récolement, chargée de vérifier les procès verbaux des fédérations pour l'élection du premier secrétaire du PS, n'apaise pas leurs soupçons "de manipulations" au profit de Martine Aubry. "Nous donnons à la commission jusqu'à mardi 14 heures pour prendre en compte nos remarques. Il ne peut y avoir de passage en force sur un vote dont la sincérité est mise en cause", avertit François Rebsamen, numéro 2 sortant du PS et maire de Dijon.
19 h 15. "Bien dommage". Pour Ségolène Royal, il est "bien dommage" que la commission de récolement ait suspendu ses travaux. "C'est un peu embêtant", estime-t-elle au Grand Journal sur Canal+. Elle se demande comment celle-ci va pouvoir boucler ses contrôles "dans un laps de temps si court" puisque le conseil national, Parlement du parti, doit entériner les conclusions de ladite commission mardi à 18 heures. Voir la vidéo ci-dessous.
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Commentaires
Interrogé sur l'ultimatum lancé la veille par les partisans de l'ex-candidate à la présidentielle, qui demandent l'examen des contestations avant 14h00 mardi sous peine de manifester devant le siège du parti, rue de Solférino, Peillon a expliqué sur France Info qu'il s'agissait d'une "exigence démocratique".
"Ce qui fait désordre, c'est de vouloir faire des coups d'Etat", a lancé le député européen à propos de l'annonce de la victoire de Martine Aubry, par 42 voix d'écart, dans la nuit de vendredi à samedi.
"Le PS n'est pas une république bananière et ce n'est pas le mensonge médiatique organisé par quelques malfaisants qui va faire plier ceux qui considèrent que la rénovation et les votes doivent être respectés", a-t-il ajouté.
Selon Vincent Peillon, il n'y avait mardi matin que quatre voix d'écart entre les deux candidates et il sera impossible de trouver une "solution arithmétique".
"Nous sommes dans l'incapacité aujourd'hui de prononcer un résultat", a-t-il assuré, appelant les "amis" de Ségolène Royal, de Martine Aubry et l'ensemble du parti à "construire une solution politique" pour préparer un nouveau vote.
S'il a écarté tout "éclatement" du PS en cas de désaccord persistant, Vincent Peillon a prévenu la maire de Lille que cela "créerait des difficultés considérables" si elle "passait en force" et a confirmé l'intention du camp Royal de contester les résultats du scrutin en justice.
Ecrit par : le bobard médiatique...ou le nouveau bonaparte aux dents longues | 26.11.2008
Oui et il revient encorfe avec ses "malfaisants" !!!
Ecrit par : le loser mou du Vimeu | 26.11.2008
c'est vraiment un bonaparte au petit pied seulement capable de réunir quelques dizaines de bobos déjantés du 5ème à Paris devant la mut'et de faire des menaces sur ses talonnettes.
Au lieu de passer son temps à la TV, il aurait du plus tôt aller sur le terrain dans le "Vimeu rouge" qui est passé au bleu après peillon.
Ecrit par : Viva la révoluction | 26.11.2008
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