31.10.2008
11.000 signatures sur la motion D présentée par MARTINE AUBRY
C'est fait !
Nous sommes depuis hier en tête des signatures pour la motion : 11.000 signataires pour la motion D.
Près de 500 maires socialistes viennent de lancer un appel à voter pour la motion conduite par Martine Aubry. Notre motion est soutenue par 102 parlementaires, 28 premiers secrétaires fédéraux, 16 présidents de CG et 8 présidents de régions. Elle fait de ce point de vue jeu égal avec celle de Bertrand Delanoë, et se situe loin devant celle de Ségolène Royal.
A quelques jours du vote des militants nous constatons sur l'ensemble de la France une réelle dynamique en faveur de notre motion et tous les acteurs de ce congrès conviennent aujourd'hui que nous pouvons être en tête le 6 novembre.
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Des retraites garanties par la consolidation du système par répartition
Nous partageons deux convictions essentielles. La première est la nécessaire consolidation du système de retraite par répartition, qui est un des piliers majeur du pacte social français. Tout système individualisé porte en germe l’accroissement des inégalités. Nous ne sommes pas opposés à un allongement de la durée de cotisations suivant l’allongement de la durée de vie qui prend en compte la pénibilité du travail – chacun peut en comprendre la nécessité –, mais cela ne saurait constituer la seule source de financement. La prise en charge de la dépendance exigera de toute façon de trouver des financements. Il faut reprendre l’alimentation du fonds de réserve des retraites et élargir l’assiette des cotisations retraites pour y intégrer les revenus du capital.
Le préalable indispensable à l’allongement de la durée de cotisation est l’augmentation du taux d’activité des seniors. Il n’est pas acceptable de demander de travailler plus longtemps alors que plus de 60%des salariés ne sont plus en emploi lorsqu’ils liquident leur retraite. Nous proposons pour cela d’instaurer une surcotisation retraite temporaire pour les entreprises dont la proportion de salariés de plus de 50 ans est excessivement faible. Nous souhaitons également un système de cotisation plus juste et plus incitatif prenant en compte l’espérance de vie et la pénibilité des travaux effectués. Il faut aussi traiter simultanément la question du pouvoir d’achat des retraités : revaloriser le minimum vieillesse, améliorer les taux de remplacement pour garantir le pouvoir d’achat des retraités.
Sortir de la seule logique financière
On en vient aujourd’hui à considérer l’augmentation de l’espérance de vie comme un problème alors que c’est une chance mais aussi un nouveau défi qui appelle la définition d’une grande politique en faveur des seniors aujourd’hui inexistante au Parti socialiste.
Comment éviter l’effet couperet de l’arrêt brutal d’activité professionnelle ? Comment favoriser l’engagement citoyen ? Comment garantir l’accès à la culture, au sport et aux loisirs ? Comment aussi lutter contre l’isolement ? Comment favoriser le brassage intergénérationnel ? Comment prendre en charge dignement les personnes dépendantes, mais aussi aider les aidants ? Voilà autant de questions auxquelles il nous faudra apporter des réponses.
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PS: appel de maires pour Aubry
31/10/2008 | Mise à jour : 12:11 |
Quatre-cent-cinquante maires ont appelé aujourd'hui à soutenir Martine Aubry pour le 75e congrès du PS dans deux semaines, parce qu'elle prône "un Parti socialiste dynamique, volontaire, reconstruit" et "ancré à gauche".
Parmi les signataires figurent quelques maires de grandes villes (Caen, Reims, Rouen, Roubaix, Tourcoing), de villes moyennes (Charleville-Mézières, Cherbourg, Creil, Créteil, Poitiers, Vitry-le-François...) et de communes de la banlieue parisienne comme Claude Dilain (Clichy-sous-Bois, Seine-St-Denis).
L'appel affirme que "face à Nicolas Sarkozy et son gouvernement qui ont engagé une politique de destruction des services publics, de rationnement des finances locales et d'étranglement des collectivités territoriales (...), il nous faut un Parti socialiste dynamique, volontaire, reconstruit".
Les signataires veulent aussi "un Parti socialiste remettant au coeur de son projet l'action publique, nationale ou territoriale, et ancré à gauche". Ils estiment que "seule la motion conduite par Martine Aubry est porteuse de ce projet ambitieux et progressiste". Cette motion s'intitule "Changer à gauche pour changer la France".
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Ils soutiennent la motion D dans la Somme
- René ANGER (Amiens sud),
- Guy BALLET (Vers sur selle (cayeux-sur-mer))),
- Cyril BÉCUWE (Abbeville) - Cf 80,
- Stephane BERTRANDIE (Amiens sud),
- Thierry BONTÉ (Amiens Léon Blum) - 2ème vice président amiens métropole,
- Robert CESSAC (Rue), mandataire départemental pour la motion D,
- Jean CHANTRAINE (Amiens Léon Blum)
- Dominique CHOISY (Léon Blum),
- Jean-françois COCQUET (Abbeville) - Maire-adjoint d'abbeville,
- Martine COCQUET (Abbeville),
- Dominique FROMENT (Saint Valery sur somme),
- Jacques FROMENT (Saint Valery sur somme),
- Josée FALOISE (Amiens Léon Blum),
- Joel GAMAIN (Amiens),
- Eliane GILLET (Vers sur selle) - Secrétaire de section,
- Hervé GOURLAIN (Abbeville) - Vice président de communauté de communes,
- Jacques GRAVEND (Saint Valéry sur somme) - Secrétaire de section,
- Maryse GRAVEND (Saint Valéry sur somme),
- Evelyne HAZARD ((Abbeville) - Conseillère municipale, Vice présidente de communauté de communes,
- Liliane MARISSAL (Amiens sud),
- Gerard SEGARD (Abbeville) -
- Bérangère VANDENABEELE
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30.10.2008
ASSEMBLEE GENERALE DE PRESENTATION DES MOTIONS A AMIENS
Voilà le texte de présentation de la motion D prononcée à Amiens ce mercredi 29 octobre :
Bonsoir,
Je m’appelle Robert Cessac. J’habite au Crotoy et je suis de la section de Rue. J’ai adhéré au PS, y a plus de 30 ans et mon 1er Congrès en 1979, était celui de Metz où j’étais le mandataire de Pierre Mauroy pour le département de l’Oise.
Aussi, c’est tout naturellement que je soutiens Martine Aubry car comme Pierre Mauroy, elle représente un socialisme enraciné dans la classe ouvrière et les salariés. Un socialisme clairement à gauche, un socialisme de transformation qui veut changer le système pour changer la vie.
Le parti socialiste c’est d’abord un parti de militants et de débat. Comme ce soir. Des militants qui se font par eux-mêmes leur jugement. Aujourd’hui, et jusqu’au vote du 6 novembre, c’est aux militants de parler, de poser des questions, de donner leur avis.
Aucune motion n’a déjà gagné, en France ou dans la Somme. Car vous n’avez pas encore voté et c’est vous les militants, et vous seuls, qui choisissez.
C’est votre responsabilité, notre responsabilité militante comme dirait Jacques Fleury. Celle du militant qui affirme son opinion de citoyen socialiste sur l’orientation du parti. Qui vote librement, pour que les choses changent, pour changer à gauche, pour changer la France mme s’intitule la motion D. Et cette motion : c’est 3 points : un projet, une méthode, une autre direction.
Un projet : changer à gauche !
· Avec Jospin, nous avions un homme d’état et un bilan fort. Mais les ouvriers, les salariés et les français dans la peine n’ont pas voté pour nous. Car nous n’étions pas porteurs d’un projet socialiste; On a perdu.
· Avec Ségolène Royal, plus populaire qu’elle, ça n’existe pas. Et nous avons fait sa campagne clairement et fermement. On a perdu.
Par 3 fois, il a manqué quelque chose. Il faut une rénovation pour être à la hauteur.
Nous refusons d’aménager le système et de poser des rustines à la politique de la droite. Nous voulons construire un nouveau modèle économique et social. Inscrit dans l’économie de marché mais maîtrisée par la puissance publique (page 98) : l’Etat, les collectivités locales, l’Europe, les institutions internationales.
Oui changer à gauche, en apportant des réponses concrètes.
Dans notre texte, nous proposons notamment page 97, nos réponses par rapport à la crise telle qu’elle se présente aujourd’hui et nous les avions écrites avant que la crise n’éclate. Je vous fais passer un résumé de nos 10 propositions concrètes :
1 - Faire passer l’Économie avant la Finance.
2 - Fonds souverains en France et en Europe
3 - Redistribuer les richesses et relancer le pouvoir d’achat en commençant par les salaires…
4 -Plafonner les loyers
5 - rembourser 50 % des transports par les entreprises
6 - une sécurité sociale professionnelle
7 - Sauver l’École de la République
8 - Supprimer les franchises médicales
9 - Construire une autre Europe
10 - Faire rentrer l’écologie dans l’ensemble de nos propositions.
2 Une méthode : le dépassement des anciens clivages
On veut changer la gauche, et l’on revient toujours sur ces querelles de réseaux, d’ambitions, d’écuries présidentielles qui n’ont pas d’autre justification politique que la défense et la promotion d’un candidat ou d’une candidate.
Nous ne regagnerons pas la confiance des Français si nous continuons à fonctionner comme avant.
Nous devons créer dès maintenant un nouvel alliage. Entre des gens qui se sont opposés hier, mais qui aujourd’hui partagent la même analyse politique et veulent proposer en commun quelque chose de nouveau.
· On ne va pas refaire le Congrès de Rennes. C’était en 1990. Il y a 18 ans.
· On ne va pas recommencer le débat sur le Traité Européen. C’est terminé, nous sommes face à une Europe complètement libérale. Socialiste, nous sommes internationaliste, donc européen mais pas pour n’importe quelle Europe. Oui, nous sommes d’accord : Il faut changer le cours de la construction européenne : pour un véritable gouvernement économique capable de mener une véritable politique d’investissement, une véritable politique industrielle et de recherche à l’échelle européenne, pour avoir un regard sur la Banque Européenne qui doit aussi se préoccuper de l’emploi, donc de la croissance,
· On ne va pas refaire la primaire de 2006
· ni recommencer la présidentielle.
Tournons-nous vers l’avenir car battre Sarkozy, c’est devant nous !
Il faut arrêter ces petites phrases assassines entre nous, ces déclarations aux médias sarkozistes, à des journalistes qui n’attendent que çà pour les reproduire à l’infini. Et on l’a encore vu cette semaine dans le Courrier picard édition Abbeville.
Ce n’est pas ce que veulent entendre les Français qui souffrent, dans nos campagnes, désertées par les services publics, sans médecin, sans pharmacie, sans poste, sans transport, sans école proche,…
Il faut dépasser ces querelles car Il n’y a pas d’attelages impossibles car nous sommes tous d’abord socialistes.
3 Une autre direction
Oui, nous avons un problème de leadership ! Nous n’avons pas de leader naturel, qui s’impose, qui nous rassemble, qui ne crée pas de clivages entre nous. Oui nous avons des talents. Et il y en a ici. Des talents oui ! Un talent non !
Pour réussir, il faut travailler ensemble. C’est une construction, une construction collective. Dans nos sections, dans notre fédération, comme au national. Des équipes renouvelées, soudées, rassemblées oui ! Mais sur un nouvel axe, une nouvelle ligne ! Comme le propose notre motion D (et la motion C aussi, il faut le dire !).
Nous partageons beaucoup, je l’ai dit et écrit, avec la motion Hamon. Pour nous 2, le socialisme n’est pas archaïque, au contraire et la crise actuelle le démontre. Si l'on s'en tient aux textes, et il faut toujours revenir aux textes, les convergences entre les motions Aubry et Hamon sont évidentes :
· sur la reconquête idéologique, p 96
· sur le socialisme décomplexé,
· sur l'opposition carrée à Sarkozy,
· sur le réarmement de la puissance publique, page 98,
· sur la priorité donnée aux services publics,
· à la redistribution et notamment aux salaires, p 97,
· sur la réorientation européenne (y compris l'activation des tarifs extérieurs), p 99, 108 et 109,
· sur la laïcité, p 100,
· sur une stratégie d’alliances fondée sur le rassemblement de la gauche, et un refus d’alliances nationales avec le centre, p113
· sur l'organisation et l'animation du parti. P 111 et suivantes.
C’est dire que nos 2 motions ont une vocation réelle à se retrouver pour bâtir une majorité de changement. Mais Il y a aussi une différence de démarche et de méthode politiques.
Les camarades qui soutiennent la motion Hamon se déclarent à l’aise, parce qu’ils se retrouvent entre eux, entre camarades de la gauche du parti.
Notre démarche a été différente : il y a eu des mois de discussions et de travail en commun avec Martine Aubry, Fabius, Pierre Mauroy, Montebourg, Marylise Lebranchu, Weber, Urvoas, Bartolone, Le Garrec, Percheron, des proches de Benoît Hamon comme mon ami David Lebon ancien président du MJS,… Oui des camarades qui ont pu avoir des positions très différentes par le passé. Ensemble, nous avons cherché et construit en débattant sur le fond sans ralliement de dernière minute..
Camarades, si nous ne dépassons pas les querelles d’hier, il n’y aura pas de Parti Socialiste demain. Cassons cet autre fichier Edwige des socialistes dans notre tête. Car l’objectif n’est pas de rester simplement seul, retranché dans un splendide isolement, satisfait de penser la même chose, entre camarades de la même tendance. L’objectif c’est de convaincre et de rassembler.
Etre la gauche du parti c’est bien ; mettre le parti à gauche c’est mieux. C’est ce que nous voulons faire. C’est l’enjeu principal de ce Congrès.
Nous avons du pain sur la planche : Il faut faire revenir d’abord les militants qui se sont éloignés, parfois les ¾ d’une section, mais aussi les ouvriers, les salariés (chômeurs, actifs, retraités), du secteur public comme du secteur privé, renouer nos liens avec le mouvement social, les syndicalistes, les militants associatifs, les jeunes. Nous devons créer un nouveau choc culturel comme en 1936 et en 1981.
Voilà la démarche que nous vous proposons avec la motion D : il faut construire un parti socialiste avec une colonne vertébrale réellement de gauche.
Nous voulons une autre équipe, renouvelée, large, soudée, jouant le collectif, qui parle d’une même voix et non d’une seule voix, un parti qui mettra en avant une nouvelle génération de militants aux couleurs de la France et pas seulement un premier signataire mais toute une génération du changement que vous trouverez, page 91 et dans notre 4 pages que vous avez reçu chez vous.
Nous voulons une majorité claire avec tous ceux qui veulent vraiment transformer ce parti et le remettre à gauche. Et nous avons dit clairement avec qui nous souhaitons bâtir cette nouvelle majorité de changement. Que les autres le précisent avant le Congrès et non dans la nuit de la commission des résolutions.
C’est pourquoi, je veux terminer avec force et même une certaine gravité : c’est l’enjeu central de ce Congrès : remettre le parti carrément à gauche.
Il est impensable de sortir du Congrès de Reims avec un parti centriste de gauche. Car si notre Congrès accouche d'une ligne chèvre-chou, nos élus et nos militants devront en rendre compte sur le terrain et dans les manifestations. Ce sont eux qui seront exposés, en première ligne, face à la colère sociale. En revanche, si une ligne politique carrément à gauche sort majoritaire à Reims, alors le PS sera en phase avec la protestation et à l’offensive sur les propositions.
Voilà l’enjeu du Congrès : changer à gauche pour changer la France.
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Le retour en force de Martine Aubry
Une femme peut en cacher une autre. On attendait Ségolène Royal, le congrès de Reims pourrait bien signifier le sacre de Martine Aubry. A quelques jours de cette échéance majeure pour la vieille et vermoulue maison socialiste, la Maire de Lille pourrait bien prendre le dessus sur ses concurrents. En tout état de cause, elle est déjà au cœur de toutes les tractations.
Martine Aubry a le sourire. La fille de Jacques Delors semble puiser dans l’interminable campagne interne socialiste de nouvelles forces. La force du terrain diront ses supporters. Celle de multiplier les déplacements et rencontres avec les militants de base et leurs préoccupations parfois terre à terre qui ne lui sont pas inconnues dans son poste de premier magistrat de la bonne ville de Lille.
La force de réussir à faire vivre une alliance que ses adversaires décrivaient à La Rochelle comme une alliance de la carpe et du lapin. De la carpe et des lapins plutôt. Martine Aubry réussit pleinement dans son rôle de pivot entre les troupes fabiusiennes à sa gauche et, à sa droite, avec une partie des Strauss-Kahniens emmenés par Jean-Christophe Cambadélis. Quelle meilleure carte de visite pour quelqu’un qui aspire à faire vivre le PS dans sa diversité et à le faire travailler en collégialité ?
Face à elle, Bertrand Delanoë après un départ en fanfare peine à trouver son second souffle. La mayonnaise a bien du mal à prendre, gâchée par une allusion hasardeuse au libéralisme. Faute de pouvoir gagner, le Maire de Paris risque d’être contraint à conclure des alliances. Fin renard Laurent Fabius qui craint de voir se déplacer le centre de gravité vers la droite fait des appels du pied à destination de Benoît Hamon qui conduit la motion de l’aile gauche du PS. Dimanche 26 octobre, il lançait sur radio J un appel au rassemblement en rappelant que « Ses thèses sont très proches des nôtres ». De quoi susciter quelques crispations chez les strauss-kahniens résolument attachés à leur ligne sociale-démocrate.
Quand la famille est susceptible de se disputer, Martine arbitre. Elle a commencé à le faire mardi 28 octobre en déclarant lors d’une réunion publique à Clamart « On ne veut pas être à la gauche du PS, on veut un PS à gauche ». L’ancienne ministre du travail est persuadée que l’actuelle déserrance du PS est le fruit de la distance prise avec les fondamentaux de la gauche. “Nous avons été tentés d’abandonner nos valeurs pour plaire”. Ce qui était présenté par la droite comme son principal défaut, voir de la ringardise, se révèle être aujourd’hui son principal atout. Oui, Martine Aubry revendique un Etat fort, interventionniste, régulateur.
La période s’y prête bien. Jack Lang, homme du Nord par accident, ne s’y est pas trompé. « J’ai beaucoup d’amitié pour Bertrand Delanoë. Beaucoup de respect également mais je pense que Martine Aubry incarne mieux que quiconque la réussite sociale et économique, l’idée même du retour de l’Etat et une volonté forte de restaurer la puissance publique, alors que nous vivons une crise sans précédent.»
Nicolas Sarkozy non plus qui tente de faire oublier qu’il se faisait encore il y a quelques mois le chantre du modèle américain. De là à dire que la fille de Jacques Delors et Nicolas Sarkozy ont des convergences de point de vue, il y a un monde. Subrepticement, Martine Aubry vole à Ségolène Royal le rôle de première opposante à Nicolas Sarkozy.
Sur la question du logement, l’ancienne ministre des Affaires sociales s’est prononcée en faveur des “réquisitions de terrains” par les préfets “pour construire des logements sociaux là où c’est possible”. Sur le dossier du travail le dimanche, l’ancienne ministre du travail est farouchement opposée.
Les annonces du Chef de l’Etat en faveur de l’emploi n’ont guère trouvé plus de grâce. « Quand Nicolas Sarkozy veut aider les banques, il trouve des idées, mais quand il s’agit d’aider les salariés, les retraités, les locataires, il est très inactif » s’est insurgée la Maire de Lille.« En annonçant 100.000 emplois aidés supplémentaires pour 2009, le chef de l’Etat “ne fait que remettre aujourd’hui ce qu’il avait décidé de supprimer il y a trois semaines, autant dire que c’est une mesure pour rien et un peu de bricolage quand même par rapport à l’ampleur de la crise », a déclaré Mme Aubry sur Canal +.
Pour une fois la critique socialiste se complète de contre-propositions : « Il fallait prendre des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat, il fallait relancer le budget du logement et ne pas nous annoncer deux mesurettes qui sont du bricolage ». La tête de liste de la motion D du PS préconise entre autres une augmentation des allocations familiales et du Smic mais aussi, une mise entre parenthèses du bouclier fiscal, ou encore la suppression d’une partie des 20 milliards de niches fiscales. Toute la force de Martine Aubry réside dans cette capacité à faire du neuf avec du vieux, à incarner une alternative tant au libéralisme actuel qu’au Chef de l’Etat. N’est-ce pas après tout dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe ?
http://lamouette.blog.lemonde.fr/2008/10/29/le-retour-en-...
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29.10.2008
Aubry veut "un PS de gauche" mais pas être "à la gauche du PS"
Selon Martine Aubry, le PS " a été tenté d'abandonner ses valeurs pour plaire", notamment dans la politique sur l'immigration. Arnaud Montebourg, qui soutient la motion Aubry, a précisé qu'il était "impensable de sortir du Congrès avec un parti centriste de gauche".

"Réarmer la puissance publique"
"Nous avons, comme la droite, parlé de stocks et de flux, au lieu de parler d'hommes et de femmes (...). N'acceptons pas de dire que ces hommes et ces femmes viennent manger la laine sur le dos des Français ou qu'ils creusent le trou de la sécurité sociale", a-t-elle ajouté. Elle s'est déclarée honteuse du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale mis en place par Nicolas Sarkozy.
Très critique concernant le discours et les mesures annoncées par le chef de l'Etat à Rethel, qu'elle a résumées à "plus de précarité", "le travail le dimanche" et "rajouter 100.000 emplois (aidés) qu'on a supprimés il y a trois semaines", Martine Aubry a lancé : "il faut réarmer la puissance publique".
"Réquisitions de terrains"
Elle s'est notamment appuyée sur l'exemple du logement : "là où aujourd'hui, certains loyers atteignent 30 à 40% des revenus, il ne faut pas hésiter à bloquer les loyers tant qu'on n'a pas construit".
L'ancienne ministre des Affaires sociales s'est également prononcée en faveur des "réquisitions de terrains" par les préfets "pour construire des logements sociaux là où c'est possible", lorsqu'une ville n'atteint pas le taux de 20% fixé par la loi SRU. Présent lors de cette réunion publique avec d'autres soutiens de la motion Aubry comme Jean-Christophe Cambadélis, le député Arnaud Montebourg a précisé de son côté qu'il était "impensable de sortir du Congrès (de Reims) avec un parti centriste de gauche". L'hôte de la soirée, le maire PS de Clamart, Philippe Kaltenbach, a pour sa part estimé qu'il y avait "beaucoup de convergences entre" la motion de Martine Aubry "et celle de Benoît Hamon", qui représente l'aile gauche du parti.
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28.10.2008
Sacré Marx, pas mal vu, quand même!

La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c'est-à-dire l'ensemble des rapports sociaux...
Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l'époque bourgeoise de toutes les précédentes...
Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l'adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n'emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe.
A la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. A la place de l'ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations."
Sacré Marx (et sacré Engels)! pas mal vu quand même, quand on pense que que ceci figure dans le Manifeste du Parti communiste, paru en 1847. On comprend que ces derniers jours à la Foire du livre de Francfort, das Kapital ait figuré parmi les best-sellers.
D'autres passages ont évidemment moins bien vieilli. Marx et Engels d'ailleurs l'ont reconnu eux-mêmes dans leurs préfaces successives au Manifeste, mais en s'interdisant de retoucher un texte enchâssé dans un moment précis de l'histoire européenne. Marx, à la fin de sa vie, percevait bien la montée en Angleterre et en Europe d'une classe moyenne issue de la classe ouvrière. Celle-ci, au fur et à mesure de ses conquêtes sociales, pénétrait donc la bourgeoisie, comme la bourgeoisie avait auparavant investi la noblesse. Bien loin de voir se constituer une immense classe ouvrière indistincte face à une poignée de grands patrons de l'industrie, du commerce et de la finance, l'expansion et la consolidation de cette classe moyenne allait devenir, est sans doute aujourd'hui plus que jamais, l'enjeu central des mouvements politiques, et peut-être même de la marche de l'Histoire.
La fin de l'Histoire passerait alors par l'universalisation de la classe moyenne, et donc par la disparition de toutes les autres classes : non qu'il n'existerait plus de grandes entreprises, et donc de "grands patrons", mais ces grands patrons, loin de s'instituer en classe autonome d'oligarques, seraient issus de la classe moyenne, et amenés, par eux-mêmes ou par leur descendance, à y revenir. Non qu'il n'existerait plus de monde ouvrier ou de pauvres exploités, mais les membres de ce monde auraient le sentiment, appuyé sur la réalité, de pouvoir, soit en cohortes, par leur action collective, soit individuellement,du moins par leurs enfants, emprunter tôt ou tard "l'ascenseur social" les élevant à la classe moyenne.
Une préfiguration de tout ceci a été vécu, au fond, en France et en Europe pendant "les Trente glorieuses". Les grands managers avaient alors pour modèles Pierre Lefaucheux ou Louis Armand, et ne se vivaient pas encore en oligarques. Les ouvriers de Renault -qui s'en souvient encore?- glissaient leur casse-croûte dans des attaché cases. Avant, l'entre-deux-guerres avait vu au contraire fondre et se reprolétariser la classe moyenne : d'où la montée du fascisme et du nazisme.
Roosevelt, au contraire, avait travaillé à la reconstitution de la classe moyenne, comme l'avaient fait aussi, repartant à zéro, les gouvernements allemands de l'après-guerre. Mais récemment, avec la levée de tous les freins à la loi du marché, l'on a vu se profiler une nouvelle oligarchie, et la précarité s'étendre à nouveau aux classes moyennes. Celles-ci ont vu alors s'accentuer une tendance toujours présente à se fracturer entre une upper middle class composée majoritairement d'héritiers, aspirant à rejoindre les oligarques, et une lower middle class frôlant dangereusement la rechute dans le prolétariat : autant de phénomènes régressifs, aux conséquences encore imprévisibles, tant aux Etats-Unis qu'en Europe.
Dans cette vision des choses, le rôle de la Gauche serait alors d'oeuvrer à l'alliance du monde pauvre et de la classe moyenne en vue de pousser d'une part à la dissolution progressive du premier dans la seconde, d'autre part à l'expansion et à la cohésion croissantes de cette dernière. Cela a été le pacte implicite qui a permis la victoire du Parti socialiste de François Mitterrand. Le délitement rapide de ce pacte a marqué la fin de l'expérience. Ce sont les conditions d'un tel pacte qu'il faudrait aujourd'hui restaurer.
François Nicoullaud
mon profil
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Le PS entre psychodrame et électrochoc
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Crise économique: Martine Aubry réclame et décline des “mesures d’urgence”
PARIS (AFP) - Martine Aubry, ex-ministre PS des Affaires sociales, a réclamé lundi au Président Nicolas Sarkozy “des mesures d’urgence” face à la crise économique, et notamment “l’annulation du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires” qu’elle juge nuisible à l’emploi.
Dans un communiqué publié avant le discours mardi du chef de l’Etat sur l’emploi dans les Ardennes, Mme Aubry, candidate à la direction du PS, “souhaite lui demander avec force de prendre des mesures d’urgence pour sortir notre économie de l’ornière, car sans cela l’explosion du chômage est inévitable”.
Selon la maire de Lille, “le président de la République doit immédiatement suspendre l’examen du budget, qui ajoute de la crise à la crise, et demander au gouvernement de revoir sa copie”.
Pour elle, “la priorité absolue, c’est de redonner du pouvoir d’achat” car “son blocage est la cause majeure de la panne de l’économie et des immenses difficultés des Français”.
Mme Aubry propose notamment de “mettre en place, au 1er janvier 2009,
- le chèque transport,
- augmenter les allocations familiales,
- revaloriser de manière exceptionnelle le SMIC”.
Elle préconise de “donner jusqu’au 31 mars 2008 aux entreprises pour conclure un accord salarial avec leurs syndicats et supprimer les allégements de charges à celles qui ne le font pas”.
Selon l’ancien ministre, “il faut relancer une politique active de l’emploi que la droite a supprimée”, en annulant le “dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires”, et en rétablissant “les emplois aidés dans les associations et les collectivités locales”.
En cas de licenciements, “il faut absolument rétablir les congés de conversion” et prévoir “le déblocage immédiat de 200.000 formations supplémentaires pour les chômeurs afin que le temps passé au chômage ne soit pas du temps perdu”.
Selon elle, ces mesures de “très court terme” sont “finançables”: “il suffit de suspendre la loi TEPA et de revenir sur une partie des 72 milliards de niches fiscales”.
“Nicolas Sarkozy veut refonder le capitalisme international. Qu’il commence par combattre la crise économique et sociale française”, a-t-elle lancé.
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