17.10.2008
Des conventions pour la rénovation
Nous envisageons un programme de travail dans les deux années qui viennent composé de cinq conventions nationales car il nous semble que la stratégie de reconquête du pouvoir englobe aussi la manière dont nous élaborons notre orientation et nos propositions.
Les conventions nationales sont prévues par nos statuts
Dans les statuts du Parti, les conventions nationales sont prévues, ainsi que les conférences militantes. Celles-ci ne se sont jamais tenues. Pourtant, les statuts de 2003 étaient clairs : « la convention nationale du Parti est réunie deux fois l’an sur un thème de discussion fixé par le conseil national. La décision de convocation précise l’effectif des délégués et les modalités de la discussion collective. Toute convention nationale est précédée d’une convention fédérale et, si le sujet le nécessite, d’une convention régionale. [...] Une question est inscrite à l’ordre du jour de la convention nationale dès lors que 5 000 adhérents, répartis dans au moins 20 fédérations, avec un maximum de 500 signatures et un minimum de 25 signatures par fédération, en font la demande. [...] Une conférence militante est réunie au moins une fois par an par le conseil national, qui en fixe l’ordre du jour. Elle a pour objet de permettre aux adhérents de se prononcer sur des questions d’actualité politique nationale ou internationale. [...] Les programmes électoraux demeurent de la compétence du congrès ou d’une convention nationale. »
Cela veut dire qu’il n’est pas toujours besoin d’inventer de nouvelles formes démocratiques. Il suffirait d’appliquer simplement les statuts.
Tirer des leçons du passé récent et du passé lointain
Ces statuts adoptés à Dijon en 2003 n’ont débouché sur rien car ils n’ont pas été respectés. On aurait pu, par ces conventions ou ces conférences militantes préparer les échéances de 2007 et éviter les divisions de 2004-2005. Au contraire, la direction sortante a choisi des calendriers serrés qui corsetaient les débats entre militants et elle ne mettait pas toujours les travaux d’élaboration politique soient au centre de son actualité médiatique et de la mobilisation des militants et des cadres. On l’a vu avec les Etats généraux ou les Forums de la rénovation.
Pour réussir ces conventions, il faut s’émanciper du carcan électoral qui pousser à toujours reporter le travail pour se soumettre à l’urgence. Certes, il faudra préparer les élections européennes et régionales, mais toute l’action du PS ne peut être entièrement subordonnée aux élections. C’est l’argument qui a été utilisé pour justifier l’inaction dans le domaine programmatique.
Pourtant, durant la seule année 1996, le Parti socialiste s’était mis au travail. On avait à la fois construit la majorité plurielle et fait travailler le Parti autour de conventions nationales pour la redéfinition de son projet et de ses orientations programmatiques. Les sujets d’alors étaient “la mondialisation, Europe et la France”, “les acteurs de la démocratie” et “nos propositions économiques et sociales”. Il s’agissait d’être prêt pour des élections qui eurent finalement lieu plus tôt que nous gagnâmes.
Il est donc possible de se donner le temps de travailler. Il est possible faire en deux ans ce qui a été fait en un.
C’est un moment d’élaboration collective. Il en va de la capacité du Parti à associer aussi bien le monde du savoir, les experts ou les intellectuels que les élus et les militants. Dans une société qui communique de plus en plus et où l’accès à l’information se démocratise, le Parti ne peut être se doter d’un projet fourre tout au nom du « participatif » ni d’une doctrine venue d’en haut au nom d’une conception élitiste de la politique ou du pouvoir. C’est pas un travail sincère et sérieux que l’on saura garder les militants et les convaincre que le Parti socialiste montrera on ouverture sur le monde, son sens de la clarté et de l’écoute ainsi que sa capacité à incarner l’alternative.
Dans notre manière de faire, il faudra aussi faire la différence avec la droite : une démonstration de force de notre conception de la démocratie.
Nous proposons d’organiser cinq conventions nationales d’ici 2010 :
Elles aborderont les thèmes suivants :
- la régulation du capitalisme financier et le libre échange ;
- la relance et la réorientation de l’Europe dans la mondialisation ;
- la politique économique et sociale pour reconstruire la France après Sarkozy ;
- les nouvelles attentes sociales et familiales ;
- les menaces contre la République et la laïcité.
Ces thèmes permettent d’embrasser l’état du monde, de la France et de l’Europe alors que l’hégémonie du libéralisme économique et du conservatisme social sont de plus en plus contestées sans qu’une alternative progressiste ne vienne démontrer qu’un autre chemin est possible. En effet, la victoire contre le sarkozysme ne sera possible que si la gauche voit au-delà de la simple mécanique de l’alternance. Plus qu’une alternance, il faut une alternative, c’est ainsi que l’on pourra changer la France.
19:53 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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